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Tout savoir sur la Pomme de Terre

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Présentation

Histoire générale de la culture

Il y a environ 8000 ans, la pomme de terre poussait à l’état sauvage dans la Cordillère des Andes, puis, a traversé l’Atlantique en 1570 avec les conquistadors espagnols. La culture partira ensuite du sud de l’Espagne, puis vers l’Italie, et gagnera le Nord de l’Europe. Elle reste longtemps destinée aux animaux avant d’être consommée par les Hommes.

Au 18ème siècle la pomme de terre s’impose comme un aliment grâce à Antoine-Augustin Parmentier, pharmacien aux armées, qui a recommandé les propriétés nutritives de cette culture, et a su l’insérer au menu du roi de France.

Présentation de la culture

La pomme de terre est un tubercule comestible de l’espèce Solanum tuberosum, de la famille des solanacées. C’est une culture annuelle. Ces plantes vivaces peuvent atteindre 1m de haut grâce au tubercule, si elle passe la saison froide.

Cette culture a une importante diversité : le premier catalogue recensait déjà 177 variétés différentes.

Données chiffrées (production française, données d’importation et d’exportation)

La production française est de 5 à 6 millions de tonnes selon les années. Les surfaces ont nettement diminué mais les rendements ont augmenté, avec 126 000 ha pour environ 8000 exploitations.

Un français mange en moyenne 52 kg de pomme de terre par an, contre 95 kg en 1960. La pomme de terre est le légume préféré des français, 60% en cuisinent au moins une fois par semaine chez eux.

Répartition géographique illustrée par une carte avec les principales régions et fortes concentrations de culture

Ces deux cartes ci-dessus montrent la répartition mondiale, et française, de la culture de la pomme de terre. Les foyers de production mondiaux sont les pays du Nord, et en ce qui concerne la France, la région des Hauts de France est la plus importante en termes de production et surface. En effet, cette région possède les conditions pédoclimatiques idéales à la culture de la pomme de terre.

Les pratiques :

Moyens d’agir sur le rendement

L’implantation de la culture est primordiale pour déterminer le rendement de la culture. Elle impactera les conditions de croissance et le comportement des plantes, ainsi que les conditions de récolte.

La date de plantation est à déterminer en fonction de la précocité de la variété choisie, ainsi que du climat local. La levée sera rapide, homogène, et les attaques de ravageurs (maladies et adventices) sont limitées si toutes les conditions idéales sont réunies.

La préparation du sol joue également un rôle clé. En effet, un sol bien émietté, non aggloméré, permet un développement régulier des tubercules et ainsi une bonne récolte.

De plus, la profondeur de plantation, avec une densité de semis adéquat au calibre de la pomme de terre, puis un bon buttage, permettront de protéger la culture de maladies et verdissement des tubercules.

Principaux engrais utilisés

Les principaux engrais utilisés sont à base d’azote, de potassium, phosphore mais aussi calcium, des minéraux essentiels à la culture de la pomme de terre. Des produits tels que YaraBela associé à du nitrate de calcium YaraLiva Tropicote peut générer un gain de rendement de 10%

Les cycles de vie :

Présentation des cycles de vie végétatif de la plante

Le cycle de vie végétatif de la pomme de terre compte 5 phases distinctes allant de la pré-émergence au stade de récolte.

Pré-émergence : Entre le 15 mars et le 15 avril c’est la période de plantation.

Elongation : dans le mois qui suit, on observe la levée avec les premières ligules et feuilles qui apparaissent, puis le développement de ces dernières. Les germes du tubercule donnent des rameaux pour la partie aérienne, et des stolons pour la partie souterraine.

Floraison : elle a lieu de mai à juin avec la formation des fleurs, et leur épanouissement. Conjointement, les extrémités des stolons (racines), cessent de croître et se renflent pour donner les premiers tubercules.

Maturation : la plante fructifie, les tubercules vont continuer de grossir aux dépens de la plante mère. Cette dernière va se dessécher pour allouer toutes ses ressources à la partie souterraine.

Récolte : les tubercules deviennent matures. La plante mère meurt et disparaît, on peut ensuite récolter les pommes de terre.

Evolutions de la plante

Après maturation des tubercules, les feuilles meurent, et tombent. Les pommes de terre vont germer et ensuite donner des nouveaux plants si elles ne sont pas récoltées.

Les carences et maladies :

Principales maladies de la pomme de terre

Le mildiou : c’est une maladie provoquée par le champignon Phytophtora infestant rapidement les plants s’ils ne sont pas correctement protégés. Ce champignon peut entraîner des pertes de rendement considérables voire la perte de la parcelle. On peut le reconnaître à des tâches brunes huileuses sur la face supérieure des feuilles, et à un duvet blanc sur la face inférieure. La maladie apparaît par foyers et se répand rapidement. Quant aux tubercules, des taches brunes apparaissent formant des zones de couleur rouille et fibreuses. Une succession de périodes humides et assez chaudes sont propices au développement de la maladie.

Les spores de ces champignons se conservent sur les tubercules et jeunes pousses, et se transmettent sur les plantes voisines. La maladie peut également se propager aux autres parcelles à cause de la transmission par le vent.

L’alternariose : la maladie peut provoquer d’importantes pertes de rendement dans le cas où elle se déclare de manière précoce. Ce sont deux champignons du genre Alernaria qui en sont responsables. Les feuilles sont atteintes après la floraison, l’infection allant des étages inférieurs vers les supérieurs. Des taches brunes de taille variables et d’aspect nécrotique en sont la manifestation.

Une alternance de périodes sèches et humides avec un stress de la culture sont des facteurs qui favorisent l’apparition de l’alternariose.

Le rhizoctone : il peut provoquer des dommages variés à différents stades de développement. En début de végétation il s’agit de levées irrégulières et tardives, ainsi que l’apparition de taches brunes. En cours de végétation les bases des tiges sont touchées, et peuvent être altérées selon la sévérité.

Les tubercules sont déformés, ou entaillés, altérés, et contiennent parfois des amas noirs qui persistent même après lavage ; ce sont des sclérotes.

Un sol mal préparé, et déjà contaminé, un climat frais et humide, ainsi que des rotations courtes sont des facteurs favorables au développement de la maladie.

La gale argentée : elle affecte uniquement les tubercules et s’exprime après la récolte. On observe des zones claires, argentées, parfois ponctuées de noir, et l’épiderme se déshydrate et flétrit.

Peut se développer dès 5°C avec un optimum entre 20°C et 25°C, et est favorisé par des rotations courtes et de longs délais entre le défanage et la récolte.

Conséquences

D’importantes pertes de rendement, pouvant atteindre la parcelle entière dans le cas du mildiou, sont des conséquences de ces maladies. Une baisse de rendement entraîne une nette baisse de revenu. De plus, les maladies pouvant se transmettre dans les débris de culture et dans le sol, une trop forte contamination risque d’atteindre les cultures suivantes.

Les ravageurs

Les principaux ravageurs de la pomme de terre sont le doryphore, la noctuelle terricole, et la noctuelle défoliatrice.

Le doryphore s’attaque particulièrement aux feuilles, et en cas de forte attaque, peut détruire complètement les plants. Ce sont des insectes qui hivernent dans le sol et sortent à partir d’avril par plusieurs vagues. Ils se nourrissent des feuilles et peuvent mettre en péril le développement des tubercules qui n’auront plus de sources de nutriments, et sucres, pour se développer.

Concernant les noctuelles terricoles, les vers hivernent au stade larvaire et les adultes apparaissent au printemps, et pondent leurs œufs sur les feuilles ou collets des adventices, ou plantes cultivées. Les chenilles deviennent rapidement terricoles et consomment les tubercules. Elles s’alimentent pendant la nuit et restent cachées le jour.

Pour les noctuelles défoliatrices, il s’agit de la même chose que les terricoles mais elles consomment les feuilles et les tiges.

Les adventices

Comme pour toute parcelle, des adventices prennent place en même temps que la culture et puisent les ressources dans le sol aux dépens des pommes de terre. Ainsi, un bon contrôle des adventices permettra une meilleure croissance de la culture, et moins de risque de transmission de maladies.

Les carences

La pomme de terre est une culture exigeante en phosphore et potassium selon le COMIFER. Ces deux derniers nutriments permettent de diminuer la sensibilité au brunissement, augmente la résistance aux endommagements, et réduit la teneur en sucres réducteurs dans le tubercule. Plus particulièrement, le potassium permettrait de modifier des propriétés de rétentions d’eau.

Les carences en magnésium sont peu fréquentes dans le cas de la pomme de terre, cependant elles pourraient entraîner des jaunissements des feuilles et ainsi un ralentissement de la croissance et une diminution de la qualité du produit fini.

Solutions éventuelles et périodes d’apports

Dans le cas des maladies, des critères tels que la densité et la profondeur de plantation permettent de maîtriser la transmission entre les plantes et de diminuer les risques. De plus, chaque plant bénéficiera de la quantité de ressources nécessaires présente dans le sol et sera donc moins affaibli. Une culture saine se comportera donc mieux face à la maladie.

Ensuite, après identification du champignon responsable de dégâts sur les feuilles ou tubercules, il est possible de traiter la parcelle avec des fongicides.

En ce qui concerne les ravageurs, il existe également des traitements afin de limiter leur expansion. Cependant, une bonne maitrise des rotations de culture permet de ne pas sélectionner un type de ravageur et/ou d’adventice et ainsi, de les traiter plus facilement. Certaines rotations permettraient de faire concurrence à un type d’adventice, ainsi si elles sont placées en rotation avant la pomme de terre, leur apparition sera limitée et il est possible de ne pas traiter systématiquement.

Les périodes d’apports des herbicides et insecticides les plus conseillées sont pendant la croissance active des tubercules jusqu’à leur maturation.

Enfin, il est possible d’apporter des engrais riches en potassium ou phosphore après analyse des sols et de leurs résidus pour éviter toute carence qui mettrait le rendement en danger.

Les apports :

La fertilisation azotée

Durant la période de croissance végétative, la pomme de terre peut mobiliser jusqu’à 4kg d’azote par jour. La méthode COMIFER permet de déterminer les besoins en azote pour la parcelle en fonction de son historique et des précédents échanges (importations et exportations). C’est la méthode du bilan prévisionnel. Il peut être intéressant d’utiliser des outils d’aide à la décision afin de déterminer les besoins en azote au cours de la culture, et d’ajuster les apports, notamment lors du buttage.

Recommandations sur l’utilisation de ces apports.

Un fractionnement précoce des apports permettrait d’allonger le cycle de production, et d’obtenir un rendement optimal. L’azote conditionne la qualité des tubercules et de la récolte. Ainsi, il est important de maîtriser les apports, de se faire conseiller, et de ne pas hésiter à réaliser des diagnostics nutritionnels de parcelle, afin d’optimiser ces derniers en fonction des périodes, des revenus, et des objectifs.

 

 

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