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Top 10 des points à vérifier pour la récolte de pomme de terre

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La surface moyenne des producteurs de pomme de terre a fortement progressé depuis une dizaine d’années. Pour profiter des meilleures conditions pédoclimatiques pour la récolte, il est primordial d’être prêt pour cette période. Or, cela demande de la préparation. C’est pourquoi nous vous proposons les 10 points indispensables à préparer pour la récolte de pomme de terre :

L’importance de la récolte

  • 1) Un matériel prêt à servir

Pour profiter des meilleures conditions pédoclimatiques pour la récolte et la mise en stockage, et assurer un rendement de chantier accru, il est indispensable de disposer  d’un matériel parfaitement opérationnel. Or, les matériels sont durement mis à l’épreuve avec des vitesses d’interventions de plus en plus rapide, dans des conditions parfois très difficiles : une arracheuse de pomme de terre peut remanier plus de 2000 tonnes de terre par hectare récolté ! Il est donc primordial d’utiliser du matériel et des machines en bon état afin de préserver la qualité des pommes de terre et limiter les risques d’accidents pour le personnel. Ainsi, le bon état des protections est à vérifier avant l’utilisation des matériels d’arrachage et de mise en stockage. 

Le contrôle du bon état général de la machine et des pièces d’usure mécanique  susceptibles de casser plus fréquemment en cours de campagne (roulements, chaînes…) évitera d’une part une perte de temps préjudiciable au débit de chantier, mais aussi une détérioration de la qualité des tubercules récoltés. Ainsi, un défaut insidieux, tel l’usure trop prononcée d’un soc d’arracheuse,  d’une protection caoutchoutée ou encore la casse partielle d’une étoile, peut affecter l’ensemble des tubercules. 

  • 2) Connaître les conditions pédoclimatiques de la parcelle

L’arrachage des tubercules est une étape incontournable mais délicate. Cette opération peut provoquer des dommages sur la récolte et peuvent impacter la  qualité future des lots de pommes de terre. Afin de limiter les dégâts, il faut impérativement prendre en compte les conditions pédoclimatiques lors de l’arrachage. En effet, des conditions favorables diminueront les risques d’endommagements liés à cette opération. 

Les températures inférieures à 8°C augmentent la sensibilité des tubercules aux endommagements. C’est ainsi que les risques de noircissement interne et  de fractures augmentent. Les pommes de terre se retrouvent alors fragilisés et ils deviennent sensible aux agents pathogènes responsables de pourritures. D’un autre côté, l’arrachage des pommes de terre avec des températures élevées augmente les risques de germination et de pourriture. Car la chaleur extérieure provoque l’augmentation de la respiration des cellules, ce qui entraîne une hausse de température du tubercule. Ce phénomène peut provoquer le démarrage de la germination. De plus, ces conditions de chaleur sont favorables à la multiplication des agents pathogènes et au développement de pourritures. C’est pourquoi il est recommandé d’effectuer l’arrachage dans un éventail de température compris entre 12°C et 18°C. 

  • 3) Effectuer un défanage de qualité

La récolte des pommes de terre s’effectue quand l’épiderme du tubercule a atteint sa maturité optimale. Ce stade de développement permet de faciliter la conversion grâce à l’épiderme qui est complètement formé. C’est pourquoi, il est important de vérifier la maturité de la culture avant la récolte, qui peut être naturellement atteinte ou provoqué à la suite du défanage dans la plus grande partie des cas. En effet, l’élimination du feuillage permettra un meilleur contrôle du calibre et donc la maîtrise de la qualité. De plus, cela permet de faciliter la récolte des tubercules. Plusieurs méthodes de défanage peuvent être choisies : chimique, mécanique ou thermique. Ce choix se raisonnera en fonction de la matière sèche de la végétation. 

Evaluer la qualité du lot récolté à la sortie du champ

  • 4) Limiter les éraflures et les fractures

Afin de limiter au maximum l’apparition de ces blessures, plusieurs précautions sont à  prendre tout au long du trajet des pommes de terre, du champ jusqu’au local de stockage. Les principales préconisations sont d’effectuer la récolte des pommes de terre à pleine maturité avec des conditions extérieures tempérées : ni trop sèches, ni trop humides, ni trop froides, ni trop chaudes. La prévention des chocs tout au long du parcours des tubercules et la manipulation du produit à température d’au moins 10°C est également un moyen de lutte.

Au-delà des risques d’endommagements mécaniques et d’un défaut de présentation des pommes de terre, chacune de ces blessures sont autant de portes d’entrées pour des agents pathogènes, des micro-organismes responsables de pourritures en conservation.

  • 5) Eviter le noircissement interne

Le noircissement interne de la pomme de terre est provoqué par l’apparition de pigments bleus-gris sous l’épiderme, à la suite de l’oxydation de composés phénoliques. La teneur en matière sèche des tubercules, liée au choix variétal et au contexte de production, ainsi que le niveau d’intensité des chocs constituent les principaux paramètres d’apparition du noircissement interne.

À basse température, la sensibilité des tubercules aux chocs est plus élevée. Les risques de noircissement interne sont donc plus élevés. Ainsi, si la récolte et la mise en stockage sont effectuées en conditions froides sur des tubercules riches en matière sèche, les pommes de terre peuvent subir des chocs dommageables mais les tâches cendrées caractéristiques n’apparaîtront que plus tard, par exemple au moment de la mise en marché.

Optimiser le stockage de la récolte

  • 6) Déterrage et tri visuel

À la suite de l’arrachage des pommes de terre, les opérations de déterrage et de tri ne sont pas à prendre à la légère car elles permettent la bonne conservation du lot. L’étape de déterrage permet de retirer une grande partie de la terre. Cette terre peut conserver des formes de conservation de parasites ou d’agents pathogènes responsables de détérioration, comme l’apparition de pourriture. De plus, un tri visuel avant la mise dans le local de stockage permettra de retirer du lot les tubercules endommagés. En effet, ces tubercules dégradés sont la voie privilégiée d’entrée des champignons et des bactéries pathogènes source de foyers infectieux.

  • 7) Une mise en tas soignée

Lors de la mise en tas des pommes de terre, les tubercules placés à la base du tas sont soumis à une forte pression qui peut être une source de dégâts mécaniques. Dans le but de limiter le risque de dégradation des tubercules, il faut veiller à ce que les tas vrac n’excèdent pas une hauteur de 3,50 à 4 m. La hauteur du tas doit être homogène sur l’ensemble du stockage en faisant un nivellement après sa constitution. Ces détails permettent la bonne ventilation des tubercules lors du stockage et donnent un avantage supplémentaire pour la conservation de la qualité.

  • 8) Préparer le local de stockage

Evidemment, il faut nettoyer et désinfecter votre bâtiment avant de pouvoir stocker à l’intérieur. Avec ces actions d’entretiens, les risques de présence de parasites et d’agents pathogènes sont largement réduits. Cependant, des formes résistantes dites de conservation, peuvent se maintenir plusieurs mois, voire plusieurs années, à l’état latent avant de devenir la source du foyer infectieux. Ce type d’opérations préventives est d’autant plus nécessiteuse lorsqu’il y a déjà eu des problèmes de conservations lors des récoltes précédentes. Les opérations de nettoyage et de désinfection sont également à répéter sur l’ensemble du matériel utilisé en contact avec la récolte durant la campagne. Dans le but d’assurer la sécurité des salariés et la salubrité des pommes de terre, il est obligatoire d’appliquer des produits homologués de nettoyage et de désinfection, pouvant être au contact des denrées alimentaires. L’usage de ces produits doit se faire en respectant la réglementation et les préconisations du fabriquant.

  • 9) Adapter la température et la ventilation du stockage

La température et la ventilation de stockage sont des paramètres importants dans la conservation des pommes de terre. La bonne maîtrise de ces deux leviers doit aussi s’accompagner d’une veille sur le taux d’humidité brassé dans le local de stockage. L’homogénéité de distribution de l’air à travers le tas doit être également surveillé. 

Pour la ventilation, il faut idéalement ventiler avec de l’air plus froid que la température des tubercules. Quant à la température, on doit viser 12°C c qui correspond à une température optimale puisqu’elle permet de réduire la pression germinative et sanitaire. Ces deux paramètres ne sont pas à prendre en compte uniquement à la fin de la période de stockage mais bien dès le début de la période de stockage.

  • 10) Limiter la perde de poids des tubercules

Après que les pommes de terre soient dans le hangar de stockage, il faudra surveiller que le taux d’humidité de l’air ventilé soit compris entre 90% et 95%. Ce niveau d’hygrométrie évitera que le tas de tubercules perde en eau et donc en poids. Par ailleurs, il ne sera pas non plus source d’humidification du tas. Pour atteindre cet objectif d’hygrométrie, on peut installer un système de ventilation automatisé, d’un groupe froid en circuit fermé ou d’un système d’humidification de l’air.

Bon à savoir : La récolte des pommes de terre et leurs mises en stockage sont des situations à fort potentiel accidentogène pendant lesquelles une vigilance accrue est de rigueur. L’anticipation et la prévention sont les meilleurs alliés pour réduire les risques d’accidents. Ainsi, la formation des opérateurs, et en particulier du personnel temporaire, ne doit pas être  sous-estimée dans la préparation des chantiers. Comme écrit au-dessus, la propreté et l’entretien du matériel est un point clé pour assurer la sécurité de l’environnement de travail.

 

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