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En avant la recherche !

Retrouver des paysages vivants en Afrique du Sud

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L’agroécologie appliquée à grande échelle permet de créer des « Living Landscapes » (paysages vivants) où la nature n’est pas mise sous cloche mais où les humains et leurs activités sont en harmonie avec la nature, dont ils dépendent au quotidien. Depuis 8 ans, l’organisation Living Lands travaille avec les agriculteurs du Baviaanskloof en Afrique du Sud, pour restaurer les paysages tout en maintenant l’activité agricole.

L’histoire commence en fait à la fin. C’est en se préoccupant de l’approvisionnement en eau des communes situées à l’exutoire du bassin versant que l’ONG Living Lands a commencé à étudier les territoires en amont, et notamment la vallée du Baviaanskloof. Une partie de cette vallée est occupée par une gigantesque réserve naturelle ; l’autre moitié est surtout caractérisée par l’activité agricole. Une dizaine d’agriculteurs se partagent environ 20 000 hectares et près de la moitié de cette surface est sévèrement dégradée par le surpâturage. La perte de fertilité des sols, associée aux évènements climatiques extrêmes – inondations, sécheresses – rend de plus en plus difficile toute activité agricole.

La vidéo n°1, réalisée par Living Lands, présente la nature unique du Baviaanskloof, l’histoire agricole et les potentialités de la zone :

Remarque : les vidéos sont en anglais, les sous-titres devraient bientôt arriver (en tout cas pour les vidéos des Agron’Hommes) mais il est possible, dans les réglages de la vidéo, de « Traduire automatiquement » et d’obtenir une traduction « grosso modo » !

Apprendre à partir du futur… pas du passé !

On ne peut pas restaurer des paysages sans prendre en compte les humains qui y vivent ; et de toute façon cela n’aurait aucun intérêt car les hommes vivent avec la nature et en obtiennent de nombreux services, surtout dans une zone comme le Baviaanskloof. Le problème c’est que de nombreux projets oublient ce constat et sont inefficaces sur le long terme. C’est le constat fait par Otto Scharmer, auteur de la « Théorie U » : il est important de comprendre les enjeux du passé, mais les projets doivent prendre en compte le futur émergent. Pour nous aider à penser un autre monde possible, il nous invite à marquer une pause, à réfléchir sur nos automatismes, à les transformer et les revivifier. En 5 étapes (voir le schéma) on peut capter de nouveaux modes d’émergence et rénover l’approche collaborative et la conduite de projet. La Théorie U est donc un modèle de conduite du changement fondé sur la conscience de l’urgence pour la mise en place de solutions durables et globales.

La Théorie U d’Otto Scharmer (source : Presencing Institute)

L’équipe de Living Lands en coopération avec Commonland a appliqué la Théorie U au contexte du Baviaanskloof en suivant les étapes suivantes :

  1. Créer un objectif commun ensemble
  2. Créer une sensibilité commune aux enjeux
  3. Créer une stratégie ensemble en se projetant dans le futur plutôt qu’en s’accrochant au passé
  4. Créer ensemble une nouvelle réalité en explorant plusieurs futurs pour le paysage avec les acteurs
  5. Evoluer ensemble

L’objectif est de ramener 4 éléments dans le paysage, d’où le nom du projet « The Four Returns » :

  • Retour du capital naturel
  • Retour de capital social
  • Retour d’investissement
  • Retour d’inspiration

Tout est expliqué dans la vidéo n°2 :

Ramener du capital avec un projet d’huiles essentielles

Le travail a démarré en 2009 ; les agriculteurs ont désormais pris conscience de la nécessité de stopper l’élevage de chèvres et de brebis, restaurer les écosystèmes et trouver des sources alternatives de revenus. Pieter Kruger est l’un des agriculteurs les plus impliqués dans le projet et explique dans la vidéo n°3 pourquoi il a abandonné l’élevage pour restaurer les sols par la plantation d’un « arbre miracle », le spekboom, très utilisé en Afrique du Sud.

Il présente également différents travaux mis en place sur ses parcelles :

Ainsi, le projet est aujourd’hui à la dernière partie du « U » : Prototyper et performer. Trois agriculteurs se sont engagés dans un projet de production d’huiles essentielles pour diversifier les activités agricoles.

La vidéo n°4 présente les origines du projet, en quoi il est adapté au contexte, et la plantation de lavande en 2015 :

Pieter Kruger explique dans la vidéo n°5 en quoi ce projet va « sauver » en quelques sortes la zone en ramenant des ressources économiques :

Et l’agroécologie dans tout ça ?

Même si le terme « agroécologie » est peu connu/utilisé par les agriculteurs sur place, la vision holistique prônée pour le projet le rend de fait « exemplaire » pour l’agroécologie. En créant une nouvelle opportunité économique, les agriculteurs peuvent stopper totalement l’élevage de chèvres et restaurer les zones dégradées, et retrouvent une relation d’équilibre avec la nature et les services écosystémiques qu’elle procure.

    Justin Gird travaille pour Living Lands. Il est chargé de mobiliser les acteurs autour du projet. Dans la vidéo n°6 il explique :

  1. La naissance du projet d’huiles essentielles (1’40’’)
  2. En quoi le projet s’intègre dans une démarche agroécologique et comment améliorer cet aspect (5’11)
  3. Ce qui a amené les agriculteurs à changer leurs pratiques (11’54’’)


Cette vidéo permet de comprendre comment le travail fait a permis de réunir les agriculteurs autour d’un projet commun alors qu’ils y a encore quelques années ils se parlaient à peine !

Le projet est tout jeune puisque la première distillation a eu lieu en décembre 2017 ; la culture de lavande et de romarin est encore expérimentale et de nombreux aspects sont à améliorer, comme l’expliquent Pieter et Justin dans les vidéos 5 et 6.

Quelques applications pédagogiques possibles :

  • A adapter aux niveaux Bac STAV, Bac S, BTS APV, ACSE, GPN.
    Le travail peut être partagé entre différentes classes pour un travail encore plus coopératif.
  • En anglais…

      Une première étape peut être de traduire les vidéos avec l’enseignant d’anglais en faisant « mieux » que la traduction automatique proposée par Youtube.

    • Cela permet une première appropriation des vidéos par les étudiants
    • Les étudiants s’impliquent au niveau de la communauté Youtube en proposant des traductions
    • Le changement en agriculture
      Résumez, d’après les témoignages des vidéos, quels peuvent être les obstacles aux projets de restauration des écosystèmes. Quelle est la stratégie adoptée par Living Lands pour lever ces obstacles ?

      L’eau dans le paysage
      Discutez avec plusieurs agriculteurs pour savoir si ils connaissent le cycle de l’eau dans leur région? Réalisez une courte interview et pourquoi pas une vidéo.
      Cet exercice peut être réalisé par une classe divisée en groupes qui rencontrent plusieurs agriculteurs pour comparer leurs niveaux de connaissances, leurs visions.

      • A l’aide des vidéos, de vos connaissances et de recherches éventuelles, représenter le cycle de l’eau dans un bassin versant. Expliquez en quoi le cycle du carbone est lié au cycle de l’eau (vidéo + connaissances).
      • Listez les différents exemples de travaux de restauration sur la ferme de Pieter Kruger et leurs objectifs. Pouvez-vous trouvez des exemples du même type dans le contexte français ?
      • Reboiser
        Trouvez le nom de l’arbre utilisé pour la restauration. Quels sont ses atouts d’après Pieter ? Effectuez des recherches pour compléter ce qu’il dit.

        Les finalités des agriculteurs

        • Quelles sont les finalités de Pieter Kruger en tant qu’agriculteur ?
        • Proposez une comparaison (ex : schéma de la durabilité) de la ferme de Pieter avant 1998 (suppression de l’élevage de chèvres) et aujourd’hui, en insistant sur les sources de revenus.
        • Vers plus d’agroécologie

            Avec l’aide de l’enseignant d’ESC :

          • Resituez la notion d’agroécologie sous forme de débat avec la classe à l’aide de la technique du débat mouvant, comme expliquée sur ce site.
          • Jouez au jeu Agrochallenge avec comme étude de cas le Baviaanskloof.
          • Explorez les possibilités de changement en utilisant l’outil « accélérateur de projet », ou le world café, en distribuant des rôles à chaque étudiant.
          • Représentez sous la forme d’une carte mentale en quoi la production d’huiles essentielles relève de l’agroécologie et quels aspects peuvent être améliorés pour tendre vers encore plus de durabilité.

            Documents pouvant être utilisés pour les applications pédagogiques :

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