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Quels couverts avant la culture de la pomme de terre

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Quelles problématiques rencontrent on ?

Les bassins de production de la pomme de terre étant principalement localisés en zones vulnérables où s’applique la Directive Nitrates, la mise en place de couverts pour une interculture longue est obligatoire. Au-delà de l’obligation réglementaire d’implantation des couverts végétaux, il faut s’intéresser aux avantages et aux inconvénients de chaque interculture. Cela permettra d’en tirer le meilleur parti agronomique possible.

Quels couverts choisir ?

Répondre à cette question est complexe et ne peut en aucun cas être généralisée : un couvert doit répondre à un besoin propre à votre situation. La réussite d’un couvert passe par sa bonne conduite et par le choix des espèces et des variétés en fonction de votre parcelle.

Dans les bassins de production de pommes de terre, les betteraves sucrières sont souvent présentes dans la rotation de la parcelle.  Les crucifères avec les variétés spécifiques anti-nématodes comme la moutarde et le radis, sont ainsi souvent utilisés en interculture pour limiter le développement du nématode   Heterodera   schachtii, même si elles sont souvent semées trop tardivement pour être vraiment efficaces. Pour éviter la multiplication de pathogènes, les couverts de graminées sont contre-indiqués en présence de nématode du collet. Si des haricots ou des pois de conserve sont présents dans la rotation, certaines légumineuses sensibles au champignon du sol Aphanomyces sont déconseillés : pois, lentille, gesse ou certaines variétés de vesces comme celle du Bengale Bingo. D’autres variétés de vesce telles que la Michaëla sont totalement résistantes à l’Aphanomyces.

Le choix selon le semis et la destruction

En cas de semis après le 20 août, certaines espèces de couverts sont déconseillées car elles ne se développeront pas suffisamment : c’est le cas notamment du sarrasin et de l’ensemble des légumineuses. La grande partie des couverts sont en revanche adaptées aux semis précoces, même si la vigilance s’impose pour celles qui fleurissent et montent en graine rapidement. En cas de semis précoce ne pouvant être détruit à temps, mieux vaut les éviter ou choisir des variétés plus tardives comme les moutardes. Les légumineuses, seules ou associées, doivent être semées tôt et soigneusement. Si le semis des couverts est tardif, les crucifères pures sont alors très bien adaptées, de même que la phacélie ou l’avoine.

Les principaux couverts utilisés

La moutarde blanche est très appréciée pour sa facilité d’implantation. On peut la semer à la volée ou manière simple avec un semoir à céréales. Les semences de moutarde blanche sont peu onéreuses. De plus, c’est un couvert qui se détruit facilement surtout si on fait appel à un broyage qui est très efficace. La culture est globalement détruite après son passage et évite les soucis par la suite. L’inconvénient de cette culture peut être dans des rotations chargés en colza par rapport à des aspects sanitaires. De plus, le passage du broyeur demande du temps de travail durant l’automne et c’est une technique onéreuse.

Parmi les alternatives à la moutarde blanche, il existe la moutarde brune. La moutarde brune se distingue par sa capacité de production de biomasse un peu plus élevé, environ 20% de plus que la moutarde blanche. La moutarde brune est l’espèce qui sert à faire la moutarde de Dijon. Elle est un peu plus riche en molécules soufré comme les glucosinolates qui auraient des pouvoirs de biofumigation. 

Autre possibilité, l’implantation de phacélie comme couvert végétal. La phacélie appartient à  la famille des Hydrophyllacées. La semence est plus coûteuse que la moutarde et ses graines nécessite d’être recouverte par un minimum de terres. C’est-à-dire qu’il n’est pas possible de semer à la volée, il faut utiliser un semoir. Mais ce couvert à l’avantage de se détruire très facilement grâce à des tiges cassantes et basses. Le broyage n’est donc pas nécessaire pour ceux qui vont labourer ou même déchaumer avec un outil à dent par la suite.

Des associations de différents couverts sont également possibles. Si l’objectif est de piéger le nitrate, l’association de crucifère tels que des radis et/ou de la phacélie avec une légumineuse comme des vesces, des lentilles, des pois, des féveroles ou encore des trèfles. La liste est longue et les légumineuses ont la particularité de piéger une partie de l’azote du sol ainsi qu’une quantité d’azote atmosphérique importante. Ce qui permet d’enrichir le sol en azote pour la culture suivante. Cependant, le coût des semences en association est bien souvent plus élevé et leur implantation est bien plus souvent délicate.

Peu de recherche sur les couverts avant pomme de terre

Les intercultures peuvent avoir un impact sur la culture de la pomme de terre grâce à leur système racinaire, notamment sur la qualité de la préparation et de la structure du sol. Peu étudié avant pomme de terre, il est compliqué de faire un choix des espèces ayant des systèmes racinaires fasciculés ou au contraire pivotants. Il en résulte tout de même que les couverts peu à moyennement développés et suivis d’un labour d’hiver ont peu d’effet sur la structure du sol. La culture intermédiaire permet aussi de localiser du potassium en surface par absorption en profondeur puis destruction des parties aériennes (30 à 35 kg K2O/ha en moyenne, quelle que soit l’espèce). Cette pratique peut contribuer à augmenter la disponibilité de cet élément particulièrement important pour la production et la qualité du tubercule.

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