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Quels couverts et engrais de fond avant betterave ?

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Quels problématiques rencontrent-on ?

La diversité des couverts d’interculture offre de nombreuses possibilités, mais il n’est jamais simple de choisir les bons. Les bassins de production de la betterave étant principalement localisés en zones vulnérables où s’applique la Directive Nitrates, la mise en place de couverts pour une interculture longue est obligatoire. Cependant, il faut prendre les couverts végétaux comme un plus pour le sol et la betterave et non pas comme une obligation réglementaire.

Quels couverts choisir ?

Répondre à cette question est complexe et ne peut en aucun cas être généralisée : Un couvert doit répondre à un besoin propre à votre situation. La réussite d’un couvert passe par sa bonne conduite et par le choix des espèces et des variétés en fonction de votre parcelle. Afin d’investir dans les couverts les mieux appropriées à ses parcelles, il est important de fixer les objectifs de ses couverts et de se donner les moyens de les réussir. Avant une culture de betterave, les principaux objectifs pour la culture suivante sont le piégeage et la restitution de l’azote pour la culture suivante ou la lutte contre le salissement de la parcelle.

En fonction de vos objectifs

  • Piégeage de l’azote :

La moutarde nématicide, le radis nématicide ou la phacélie sont les espèces recommandées. Cependant, il faut surveiller le phénomène de blocage de l’azote qui peut ralentir le développement de la culture suivante. En effet, la floraison s’accompagne d’une lignification et donc de l’augmentation du ratio C/N. Pour éviter cela, il faut sélectionner une variété avec une floraison qui ne sera pas déclenchée au moment de la destruction. Pour des semis précoces, en juillet ou début août, il est donc conseillé de favoriser des variétés tardives comme les radis. Pour des semis plus tardifs, on privilégiera des variétés plus précoces telle que la moutarde afin de maximiser leurs effets. 

  •  Restitution de l’azote :

Les légumineuses telles que les vesces sont tout à fait adaptées à ce mécanisme et permettent de gagner 10 à 50 unités d’azote en moyenne. Néanmoins, cela demande un semis précoce avec une bonne préparation du sol pour la réussite du couvert. À noter qu’il n’est pas judicieux d’implanter des légumineuses dans une parcelle ayant reçu un amendement organique. Les légumineuses utilisent l’azote du sol plutôt que de fixer l’azote de l’air, comme le ferait par exemple une crucifère bien moins chère.

  •  Lutte contre les adventices :

Les espèces à couverture rapide comme les crucifères ou la phacélie, éventuellement en mélange, sont très efficaces. Ces couverts permettent de limiter le salissement de la parcelle et donc de limiter les interventions de désherbage pour la culture suivante. Par ailleurs, la phacélie sert à réduire le risque ravageur car elle est différente des espèces présentes dans les rotations habituelles. Elle casse le cycle biologique des bioagresseurs.

  • Structuration du sol :

Le radis et le tournesol sont plébiscités pour leurs effets structurants et notamment leurs enracinements puissant et pivotant. Dans le cas de mélange d’espèces, il faut privilégier un couvert entre trois et cinq espèces maximums. Au-delà, le couvert ne sera pas homogène à la levée et certaines espèces s’installeront vraiment au détriment des autres.

Point de vigilance important

  • La rotation des cultures de la parcelle :

Avant betterave, le risque de développement du nématode à kystes est élevé avec l’implantation de crucifères en interculture, comme la moutarde ou le radis. Il est donc impératif de choisir des variétés résistantes aux nématodes à kystes. De même, l’utilisation de la féverole comme couvert avant betterave est à proscrire puisqu’elle favorise le risque de multiplication du nématode du collet. A savoir également qu’en cas de retour régulier du colza dans la rotation (2 à 4 ans), l’utilisation des crucifères en interculture n’est pas conseillée à cause des risques parasitaires.

  •  La destruction du couvert :

Celui-ci conditionnera la qualité de l’implantation au printemps. On conseille de détruire le couvert avant l’hiver en respectant les obligations réglementaires régionales afin de laisser le temps aux résidus de se dégrader, optimiser le lit de semence et limiter le risque de faim d’azote pour la jeune betterave. Aujourd’hui, il est risqué de tout miser sur le gel pour détruire les couverts, ce phénomène étant de plus en plus aléatoire dans les régions betteravières ; toutefois un passage de rouleau crénelé par temps de gel peut-être très efficace sur moutarde, phacélie ou radis.

  • L’offre actuelle :

Particulièrement cette année, le marché français se retrouve dans l’obligation d’importer des semences de couverts européens non-présents habituellement. En cause, la sécheresse de l’été dernier qui a fortement pénalisé la production de semences. Les dispos en moutarde antinématode sont donc très faible. Cependant, le radis est un très bon remplaçant, car anti-nématode, plus facile à enfouir, offre une biomasse supérieure et une floraison tardive en plus de son gros avantage qui est sa racine pivotante.

Comment choisir son engrais de fond ?

La betterave est une culture exigeante en terme de besoin en phosphore et potasse. Pour un bon déroulement de la croissance, il est nécessaire qu’aucune carence ne soit présente au risque d’impacter immédiatement le rendement ou la richesse. En effet, pour un rendement estimé à 100 t/ha, les recommandations d’apport pour un sol moyennement pourvu seront les suivants: 

– 60 à 70 unités en P / ha

– 180 à 200 unités en K / ha

Il existe une multitude de solutions pour apporter ces éléments que nous allons étudier ci-dessous.

 

Différents objectifs

  • Recherche la matière organique  :

Les engrais organiques enrichis en sulfate de potasse correspondent aux besoins de la betterave. De plus ils apportent de la matière organique, nécessaire à la bonne structure d’un sol, et oligos éléments, nécessaire au développement de la culture. Ils ont bien souvent un coût rendu racine similaire à un engrais minéral.

  •  Recherche de la simplicité :

Un apport en engrais PK ne nécessitera qu’un seul passage avant implantation du couvert ou après sa destruction. Il permettra aussi de rester indépendant et de ne pas faire appel à un prestataire. Enfin, l’épandage et la répartition du P et du K sera homogène grâce à cette méthode puisqu’un granulé comportera les deux éléments essentiels.

  • Recherche de la modulation de dose :

L’épandage en phosphore puis en potasse de manière individuelle obligera à épandre en deux temps, augmentant les coûts de passages et impactant la structure du sol par la répétition des passages. En revanche, les engrais les plus utilisés dans ce cas-là seront le TSP 45 et le KCl 60, engrais mis en marché principalement via importation qui ne respectent malheureusement pas toujours la qualité nécessaire pour un épandage optimum. Enfin, cette technique aura l’avantage de pouvoir moduler ces doses en P et K en fonction des besoins de sa parcelle.

En conclusion, nous privilégierons plutôt les deux premières méthodes pour permettre à la culture d’optimiser sa croissance par l’homogénéité d’épandage.

 

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