Quelles espèces choisir avant la betterave sucrière ?

Les betteraviers diversifient leurs choix techniques et voient les couverts végétaux comme des fournisseurs de ressources et de services pour leurs parcelles, bien au delà du respect de la réglementation. De nombreux critères entrent en compte dans le choix des plantes de couverture avec une sélection allant jusqu’à la variété.

Quels éléments prendre en compte pour bien choisir les espèces du couvert ?

Au delà des aspects réglementaires, les critères essentiels pour la betterave sucrière sont le risque parasitaire, l’alimentation azotée et les conditions d’implantation au printemps.
Le contexte pédoclimatique des régions betteravières est particulier : les températures diminuent nettement en fin d’automne, la minéralisation de l’humus est donc forte en septembre-octobre pour diminuer ensuite. Pour assurer son rôle de piégeage d’azote le couvert doit donc lever rapidement et de façon homogène avec un bon développement racinaire. Cela permettra aussi de couvrir le sol pour jouer le rôle de protection et limiter le salissement. Ces fonctions sont recherchées en particulier dans les systèmes en non-labour, où l’amélioration de l’état structural est aussi un objectif essentiel. Les moutardes ont peu d’effet structurant contrairement à l’avoine et la phacélie, espèces dotées d’un chevelu racinaire plus dense, ou le radis asiatique et son puissant pivot. La vesce est également intéressante et permet de fixer l’azote. Dans les rotations/successions comportant du colza on doit limiter les crucifères ou choisir des espèces nématicides.
La destruction du couvert conditionnera la qualité de l’implantation au printemps. On conseille de détruire le couvert avant l’hiver en respectant les obligations réglementaires régionales afin de laisser le temps aux résidus de se dégrader, optimiser le lit de semence et limiter le risque de faim d’azote pour la jeune betterave. Aujourd’hui, il est risqué de tout miser sur le gel pour détruire les couverts, ce phénomène étant de plus en plus aléatoire dans les régions betteravières ; toutefois un passage de rouleau crénelé par temps de gel peut être très efficace sur moutarde, phacélie ou radis

Quelles espèces choisir en fonction des situations ?

Les espèces les plus utilisées aujourd’hui sont les crucifères (moutarde et radis) et l’avoine. Si ces espèces assurent le rôle réglementaire des couverts, on peut aujourd’hui complexifier les mélanges à condition de les adapter à la situation culturale. En conditions de semis tardif le couvert doit lever et croître rapidement. Les espèces à privilégier sont l’avoine rude, l’avoine de printemps, la moutarde précoce à intermédiaire, le radis intermédiaire à tardif et la phacélie. Il est possible de diversifier le mélange en y associant des légumineuses avec toutefois un risque de développement limité. En revanche les conditions de semis précoces permettent l’implantation de légumineuses pour améliorer l’efficience azotée de la betterave (10 à 50 unités d’azote économisées en moyenne). Les vesces ont une grande variabilité génétique avec selon les variétés une aptitude plus ou moins grande à l’association ou encore à la levée en conditions de stress hydrique de fin d’été. La variété Berninova est celle qui lèverai le mieux (essais de l’ITB, 2016). En fait le choix de la variété est essentiel pour profiter de la variabilité génétique des plantes de couverture. Il faut opter pour des variétés de moutardes qui coupent le cycle du nématode Heterodera schachtii, et qui fleurissent plus tard pour limiter leur lignification.

Quelques chiffres

+ de 85% Surfaces de betterave sucrière sont précédées d’un couvert végétal pendant l’interculture

10 à 50 Unités d’azote restitué à la betterave lorsqu’un couvert associant crucifères et légumineuses la précède

Testimonial client

« Les betteraves représentent 23% de mon assolement, qui comporte également du colza. La baisse du taux d’humus de mes sols m’a conduit à arrêter de labourer. Dans ma situation le choix du couvert végétal est crucial car il permet à la fois d’améliorer la fertilité physique, chimique et biologique, de limiter le salissement et de limiter le risque nématodes. Pour le semis, la libération de parcelle est souvent tardive après les derniers blés. En tenant compte de ces éléments, j’ai opté pour un mélange associant avoine rude, phacélie, vesce et parfois un peu de moutarde intermédiaire nématicide ou de radis tardif mais lorsque le colza n’est pas proche dans la rotation »

Emilien L. (60)

Les préconisations de Margaux

L’interculture est une vraie opportunité à saisir pour améliorer l’efficience des systèmes où la betterave est centrale. Chaque situation est inédite et les espèces et variétés de couverture doivent être à chaque fois adaptées. Agriconomie.com propose des mélanges pour les situations culturales les plus fréquentes. Si la parcelle a été libérée tardivement et que le semis doit se réaliser fin août début septembre, le mélange « Tardif RotaVert » composé d’avoine rude, de trèfle d’Alexandrie, de sarrasin et de Nyger, permet un développement rapide du couvert et un apport d’azote pour la betterave qui suit. En situations de semis plus précoce, le mélange « Spécial Betteraves RotaVert », comportant notamment de la moutarde et des espèces à racine pivotante comme le lupin ou le radis, permet de décompacter le sol tout en limitant le risque nématodes. Le mélange Techni-Fix 2 est également adapté.

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