Chargement

En avant la recherche !

Quel maïs fourrage choisir pour les bovins ?

Avatar

Le type de profil énergétique d’un maïs fourrage est déterminé par ses proportions en fibres digestibles et en amidon. Il dépend à la fois de son utilisation finale et de l’addition ou non d’un fourrage complémentaire dans la ration.

Lorsque le maïs fourrage est récolté en plante entière, le rationnement s’établit en considérant que le maïs ensilé est celui qui contribuera le plus à l’apport total d’énergie et à l’apport de fibres NDF pour la rumination. Autrement dit, les fourrages et concentrés apportés en plus servent surtout à équilibrer les rations notamment en protéines.

Que nous ayons à faire à des vaches laitières ou à de jeunes bovins à l’engraissement, le type de profil énergétique choisi sera différent, qui plus est si l’on souhaite introduire de l’herbe dans la ration.

Un fourrage complémentaire de type herbe (enrubannage ou ensilage de graminées et/ou légumineuses) peut être incorporé pour 2 raisons :

  • si l’apport de maïs est très important, il permet de diluer la teneur en amidon de la ration globale des vaches laitières. Chez ces dernières l’objectif est toujours le même : rester sous le seuil de 22-25% d’amidon total tandis que chez les jeunes bovins à l’engraissement, le seuil maximal de teneur en amidon dans la ration est de 35% car ceux-ci ont des repas fractionnés tout au long de la journée et tolèrent mieux les régimes riches en énergie
  • pour réduire la consommation de correcteur azoté et la part de maïs fourrage dans la ration

 

  • Trois types de profils énergétiques

Bien qu’ayant la même teneur en énergie globale mesurée en unités fourragères (0,90 UFL/kg MS), les trois catégories de maïs fourrage ont des impacts sur la teneur en amidon dégradable de la ration :

Crédit : Arvalis
  • Les maïs fourrages typés « fibres » possède une excellente digestibilité des tiges et des feuilles et une teneur en amidon réduite. Ils sont utilisables dans tous les types de rations
  • Les fourrages « amidon » sont des maïs typés « grains » qui possèdent une partie épi très développée au stage 32-33% de MS plante entière. Ces maïs permettent de maintenir un niveau d’apport d’énergie rapidement fermentescible dans le rumen et à relever le taux protéique du lait. Ceux-ci ne sont pas recommandés dans toutes les rations, notamment dans celles ou la part d’herbe est limitée (moins de 4 kg de MS d’herbe)

 

  • Une digestibilité des fibres et de l’amidon en forte diminution au-delà de 35% de MS

Entre les stages 28 et 33% de MS plante entière, la teneur en amidon des ensilages de maïs augmente en moyenne de 48g/kg MS et ce, au détriment de la teneur en NDF qui diminue de 44g/kg MS. La maturité de la plante n’a que peu d’effet sur la digestibilité de la matière organique et de l’amidon alors que celle des fibres NDF diminue fortement entre les stades « grain laiteux » et grain vitreux ».

Ainsi, les maïs tardifs ont une dégradabilité de l’amidon dans le rumen nettement plus faible. Par conséquent, l’amidon vitreux est mal valorisé par les vaches laitières mais également par les jeunes bovins en engraissement qui sont capables de mieux digérer ces maïs à condition que la récolte ne dépasse pas le stage 38% de MS et que la qualité de conservation soit bonne.

 

Un essai à la station ARVALIS de La Jaillière (44) a comparé les performances laitières de deux ensilages de maïs récolté aux stades 33 et 39 % de MS, incorporés dans des rations avec deux niveaux d’enrubannage d’herbe de bonne qualité. Les résultats montrent que le maïs récolté tardivement possède un potentiel énergétique élevé (de par son fort taux d’amidon) mais que son niveau de valorisation réel est d’autant plus diminué que la ration est pauvre en fibres NDF. Pour une ration contenant 15% d’herbe, le maïs récolté à 39% de MS devra avoir un rendement au champ supérieur de 9% par rapport à celui récolté à 33% de MS pour un coût alimentaire équivalent. De plus, le stade 39% de MS les risques de mauvaise conservation et de dérive de la qualité de hachage et d’éclatement des grains sont accrus. Ce stade de récolte est donc fortement déconseillé.

Laissez un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *