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 Nutrition, qualité et conservation des tubercules

  • Croissance rapide et mobilisation des éléments nutritifs

Les racines ont la capacité de puiser des quantités importantes d’eau et d’éléments nutritifs jusqu’à 60 centimètres de profondeur dans le sol.

Par exemple, durant la phase de croissance végétative, la pomme de terre mobilise jusqu’à 4kg d’azote (N) et 9kg de potassium (K2O) par jour. Selon le COMIFER, elle est classée comme une culture exigeante particulièrement en phosphore et en potassium et dans une moindre mesure en soufre et en magnésium, oligoéléments qui interviennent sur la tubérisation, la productivité et la qualité de la récolte.

Chez la pomme de terre, les carences sont peu fréquentes car cette culture nécessite une parcelle de bonne fertilité. Toutefois, comme son cycle est court et ses racines peu nombreuses, cette culture est sensible aux ruptures nutritionnelles engendrées par des stress (sécheresse, chaleur). La nutrition foliaire peut pallier à ces ruptures en fournissant les éléments sous une forme assimilable par la feuille.

  • Ajustement précis de l’azote

L’azote détermine en grande partie le rendement et la qualité de la récolte. En excès, il a pour conséquences un feuillage surabondant qui est propice aux maladies.

La méthode COMIFER pour le calcul de l’azote adaptée à la pomme de terre tient compte à la fois des besoins en azote définis par la région, du type de production et de la durée du cycle de culture et de la minéralisation du sol (apport d’effluents)

Principes de la méthode COMIFER du bilan prévisionnel d’azote (2011)

Crédit: fertilisation-edu.fr

Les conditions de température et d’humidité du sol ainsi que l’irrigation influence la minéralisation d’un apport organique précédent la culture. Pour contrôler la quantité d’azote minéral libérée dans le sol puis prélevée par les plantes, il est utile d’utiliser des outils de pilotage pour ajuster l’azote du deuxième apport au buttage.

Pour ajuster l’apport d’azote, certains outils peuvent être employés : juste avant plantation, un prélèvement (au moins à 2 profondeurs : 30 cm et 60 cm) pour analyser le reliquat d’azote minéral dans le sol permet de préciser le calcul prévisionnel de la dose totale d’azote.

Un mois après l’émergence, il est possible de réaliser un diagnostic nutritionnel sur les parties aériennes. Un apport complémentaire peut être nécessaire.

  • Nourrir la plante pour produire de la qualité

Une alimentation suffisamment riche en eau et en éléments nutritifs détermine le calibre moyen des tubercules et leur homogénéité. A cela s’ajoute la nutrition minérale tout aussi importante pour leur qualité.

La fertilisation peut favoriser la conservation des tubercules. Un excès d’azote augmente le risque sanitaire au stockage tandis que le potassium diminue le risque de noircissement interne du tubercule.

La forme de l’engrais peut jouer un rôle également : par exemple, le chlorure de potassium a tendance à conserver une certaine teneur en eau et à réduire la teneur en matière sèche et en fécule. Ce n’est pas le cas du sulfate de potassium qui est absorbé différemment par rapport au sulfate ce qui modifie la rétention d’eau.

En comparant les effets de l’azote, du phosphore et du potassium sur la qualité du tubercule, des effets négatifs sont observés pour l’azote sur la matière sèche, les tâches noires internes, le brunissement à la friture et la conservation contrairement au potassium où seuls des effets positifs sont observés pour ces critères de qualité. Le phosphore quant à lui, n’aurait aucun effet sur ces critères (D’après synthèse de K+S Kali)

  • En pratique

Une analyse de terre de moins de cinq ans concernant la parcelle mise en pomme de terre permet de raisonner l’apport de phosphore, de potassium et de magnésium. Le calcul qui suit la méthode COMIFER pour P et K applique un coefficient multiplicatif aux exportations de chaque élément en fonction des critères sol, passé de fertilisation et résidus de la culture précédente.

Le calcul prévisionnel de l’azote doit être réalisé avant la plantation et il peut être précisé par l’analyse de reliquat d’azote minéral dans le sol. Quant au soufre, le besoin est apprécié localement.

Besoins en éléments nutritifs et exportations pour un rendement de 50T/ha de pomme de terre de consommation à 20% de MS :

Deux moyens pour améliorer l’efficacité des apports d’éléments nutritifs :

  • Incorporer au sol la solution azotée ou l’urée pour minimiser le risque de volatilisation d’ammoniac. La localisation d’une partie de l’engrais à la plantation nécessite un matériel spécifique. Elle permet d’approcher les éléments nutritifs du jeune système racinaire.
  • Fractionner l’azote en deux apports, éventuellement pour le potassium en profitant de la dernière opération de buttage pour enfouir le deuxième apport. Le sulfate de potassium est à privilégier pour éviter l’effet du chlorure. L’irrigation au goutte à goutte permet ainsi de fractionner les apports jusqu’à un stage plus tardif de la culture.
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