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En avant la recherche !

Les couverts se cultivent en familles !

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Le trèfle de Crimson, très peu présent en France, est une fabuleuse légumineuse

Toutes les plantes couvrent le sol d’une manière ou d’une autre. En regardant le chemin parcouru depuis le couvert « obligation réglementaire », on peut imaginer que dans quelques années, on ne fasse plus de différence entre le couvert végétal et les autres cultures. Certaines familles et certaines espèces ont toutefois fait leurs preuves en répondant aux objectifs variés des agriculteurs.

Un couvert végétal peut être une « bombe d’agroécologie » lorsqu’il est optimisé, depuis le choix de l’espèce/variété à sa « destruction ». Certains agriculteurs ne parlent plus de destruction mais de transition vers la culture suivante lorsque le couvert est simplement calmé, moins présent, moins imposant. Qui dit agroécologie dit optimisation des processus écologiques et se s’inspirer de l’intelligence des processus naturels en respectant des principes de base pour les couverts:

  • Diversité de familles, d’espèces cultivées
  • Implantation / destruction optimisées pour limiter la perturbation/pollution du sol
  • Maximisation de la biomasse pour capter l’énergie lumineuse, le carbone, prélever les nutriments du sol, et restituer tout cela au sol, réservoir de fertilité.

En quoi la diversité de familles améliorer la résilience de mon système?

Racines d'un mélange graminées-légumineuses
(photo: FIBL, Suisse, 2016)

La diversité d’espèces, de familles au sein du couvert permet de mettre en synergie différentes physiologies de plantes et donc différentes fonctions:

  • Refuge / garde manger pour la faune sauvage (pollinisateurs et autres auxiliaires, gibier)
  • Appareils racinaires diversifiés pour une occupation et une structuration complète du sol, un enrichissement par les excrétions racinaires qui nourrissent une diversité de micro-organismes du sol, un prélèvement des ressources du sol (eau, nutriments) divers dans le temps, l’espace
  • Une couverture du sol optimisée par des appareils foliaires diversifiés – effet parapluie pour lutter contre l’érosion / parasol pour conserver un microclimat près de la surface du sol
  • Une richesse en nutriments de l’ensemble du couvert pour une éventuelle valorisation en fourrage ou pour la réincorporation au sol
  • Sans oublier l’aspect esthétique d’un couvert riche en espèces par rapport à une simple moutarde !

La diversité c’est bien, à condition d’opter pour les espèces qui permettent de répondre aux objectifs de chacun, afin d’aller vers non seulement une résilience écologique mais aussi économique et social à l’échelle du système ferme.

D’où l’intérêt de se demander: qu’est ce que je veux atteindre avec mon couvert ?

A partir de là on peut parcourir les différentes familles de couverts, décrites ici avec:

  • un descriptif des spécificités physiologiques
  • les intérêts sur le terrain
  • les principales espèces disponibles sur le marché (ou dans votre stock de semences de ferme)

Poacées / graminées: avoine, sorgho, seigle, moha

La plupart des espèces de graminées sont en général faciles à implanter, produisent une forte biomasse aérienne et racinaire qui couvre rapidement le sol et évite le développement de plantes non désirées. L’appareil racinaire est fasciculé et se développe massivement dans les 20 premiers centimètres du sol ce qui permet une fine structuration du sol, bénéfique notamment pour une préparation naturelle du lit de semence.

Fabacées / légumineuses: trèfles, vesces, féverole, pois, gesse

Les légumineuses présentent 3 principaux avantages: la production d’azote, l’apport de matières organiques riches en sucres permettant une diversification et une augmentation de la microbiologie du sol – les légumineuses ont une rhizosphère 20 fois plus riche que les autres espèces – et la structuration du sol en profondeur; beaucoup d’espèces ont un système racinaire pivotant structurant le sol en profondeur. Elles sont d’excellents précédents pour l’apport d’azote (de 50 à 100 kg/ha pour la culture suivante si la production de biomasse est suffisante) et se développent rapidement, étouffant les adventices.

Brassicacées / crucifères : moutarde, colza, radis

Elles se caractérisent par leur richesse en soufre et une forte production de biomasse (2 à 7 t de MS/ha) en peu de temps (50 à 60 jours), apportant au sol une quantité importante de matière organique rapidement dégradable, relarguant dans le sol les nutriments (notamment le soufre) qui seront rapidement disponibles pour la culture suivante. Enfin, les résidus de crucifères en décomposition et les exsudats racinaires libèrent des composés soufrés à effet « fongicide », aidant à lutter contre le piétin échaudage et la fusariose. Cependant les crucifères ne favorisent pas les mycorhizes (la plupart des espèces n’en produisent pas), d’où l’intérêt de diversifier les familles.

Les astéracées, linacées, polygonacées et hydrophyllacées: lin, sarrasin, phacélie, tournesol, nyger

La phacélie, ultra répandue aujourd’hui, appartient à la famille des hydrophyllacées. Elle couvre rapidement le sol, piège très bien le calcium et le potassium et sa fleur est excellente pour les pollinisateurs. Le lin cultivé utilisé en couvert assure une fine structuration du sol sur une grande profondeur. Le tournesol, semé suffisamment tôt, produit une biomasse très importante même en conditions sèches, gèle facilement et sa fleur attire de nombreux pollinisateurs. Le nyger, encore peu développé, apporte de la diversité dans la rotation et gèle facilement.

L’outil d’aide au choix des couverts développé par Arvalis-Institut du Végétal permet de concocter un mélange d’espèces en fonction des conditions pédoclimatiques de l’exploitation, de la rotation et de vos objectifs.

Dans cette vidéo, Arnaud Charmetant, agriculteur en Roumanie, présente les caractéristiques de différentes espèces de couverts:

Testimonial client

Le sarrasin : « vite levé il peut finir en galette! »

« Je suis apiculteur et le sarrasin est très mellifère, apportant au miel une saveur très particulière; c’est aussi la seule polygonacée de ma rotation; il permet donc de casser le cycle des bioagresseurs et d’inhiber les adventices par allélopathie. Sa croissance rapide peut poser problème car le sarrasin monte en graines rapidement et peut salir le champ. Je le détruit par broyage (gel ou broyage suffisent) avant grenaison ou le conserver en 2ème récolte. »
(Bernard, 35)

Le trèfle de Crimson: le rouge qui manquait dans les couverts

« Sa superbe fleur rouge – excellente pour les abeilles – est encore très rare dans nos campagnes; j’ai eu l’idée de tester le trèfle de Crimson après avoir lu un article sur son utilisation en couvert aux Etats-Unis. Je suis éleveur et je le sème en juillet dans mes limons-sableux acides auxquels il s’adapte très bien. Ce trèfle se développe rapidement et produit une biomasse impressionnante pouvant atteindre 1m50 de haut. Je suis éleveur, et en mélange avec des graminées comme l’avoine, il constitue un excellent couvert à pâturer avant floraison »
(Matthieu, 33)

Le radis chinois: avantageux même en sols très compacts

« On m’avait beaucoup parlé du radis chinois pour sa capacité à décompacter les sols. J’ai testé, mais mes argiles lourdes l’empêchent de s’enraciner en profondeur, et 30% de la racine reste au dessus de la surface du sol. L’aspect structurant est donc limité, mais j’ai réalisé, avec des recherches personnelles et par l’observation au fil des années, que l’énorme racine du radis chinois pompe tous les nutriments du sol comme une éponge – les empêchant de descendre dans les nappes – et les restitue en l’espace de quelques semaines à la culture suivante, après décomposition. C’est aussi un apport de matière organique non négligeable ! »
(Philippe, 62)

— Opaline Lysiak

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