Les bonnes pratiques d’épandage des effluents d’élevage

Qu’est-ce qu’un effluent d’élevage ?
Un effluent d’élevage est un mélange de déchets d’origine animale (ex : déjections) et végétale (litière et aliments) issu des exploitations d’élevage. Les plus courants sont le fumier et le lisier, distingués en fonction de leur consistance. Il existe d’autres formes d’effluents liquides ou solides (eaux de lavage, fientes etc.). Le fumier solide par exemple, comporte de nombreux éléments nutritifs en adéquation avec les besoins des cultures, il est relativement facile à épandre et joue un rôle d’engrais organique efficace.

Les spécificités des pratiques d’épandage
On distingue principalement en France deux types d’exploitations d’élevage et donc deux systèmes réglementaires plus ou moins stricts, établis en fonction de la taille du cheptel :
– le Règlement Sanitaire Départemental, pour les petites exploitations d’élevage, dont le suivi est assuré par les communes
– les Installations Classées pour la Protection de l’Environnement, pour les exploitations de taille moyenne à importante, dont le suivi est assuré par la DDCSPP
Par ailleurs, si tout ou partie de l’exploitation se situe en zone dite « vulnérable », certaines obligations s’ajoutent par rapport aux élevages hors zone.

Dans tous les cas de figure précédents, l’épandage direct d’effluent liquide en champ ou autre milieu naturel est interdit. Celui-ci doit être au préalable stocké en environnement étanche. De plus, l’épandage sur sols pentus ou subissant des forts aléas climatiques est interdit, pour éviter les risques d’écoulement vers les cours d’eau.

Il est par ailleurs nécessaire de respecter les calendriers d’interdiction d’épandage, pour cela, il faut se renseigner auprès des autorités compétentes. Néanmoins, les Cultures Intermédiaires Pièges à Nitrates (CIPAN) sont intéressantes de ce point de vue. En effet, il est possible à l’automne d’apporter des effluents d’élevage sur les CIPAN et cultures dérobées, en respectant les limitations d’usage en vigueur.

Quelques précautions sont à prendre en ce qui concerne les distances à respecter avant d’épandre, en fonction des points spécifiques environnant :
– de 50 à 100 m de distance entre la zone de dépôt et les bâtiments d’habitations ou de loisirs, distances pouvant être réduites en cas d’enfouissement rapide pour les ICPE
– de 35 à 50 m de distance entre la zone de dépôt et les cours d’eau ou points d’eau destinés à la consommation humaine

Le document à posséder et à mettre à jour : le plan d’épandage. Il est conseillé pour les exploitations soumises au RSD, obligatoire pour les autres, c’est un document qui retrace l’évolution de l’exploitation (surfaces, cheptel, règlementation). Il doit être mise à jour régulièrement en cas de contrôle de conformité des épandages par rapport au parcellaire. Il rassemble les prévisions de fumure et les pratiques effectuées.

Il existe de nombreuses autres règles spécifiques à tel ou tel système d’exploitation d’élevage, c’est pourquoi il est nécessaire de se rapprocher de personnes référentes en la matière sur votre territoire.

A noter : à l’heure actuelle des études se penchent vers une autre utilisation des effluents d’élevage, comme catalyseurs des processus de méthanisation par exemple.

Laissez votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *