Les bénéfices agronomiques d’une crucifère !

Quels sont les bénéfices agronomiques d’une crucifère ?

Colza, choux, moutarde ou radis : les plantes de la famille des brassicacées, anciennement appelées crucifères, occupent une place de choix au sein des successions culturales, comme cultures de vente, fourragères ou couverts végétaux.

Quels critères pour évaluer les atouts agronomiques d’une culture ?

Les caractéristiques d’une plante cultivée qui optimisent le fonctionnement du système de culture sont considérées comme des atouts agronomiques. Sont alors pris en compte l’amélioration de la fertilité du sol, la diminution du salissement et de la fréquence des bioagresseurs, la pollinisation ou encore la facilitation de l’implantation de la culture suivante. Les brassicacées sont un facteur de diversification des rotations et elles apportent des bénéfices non négligeables au système de culture. Deux espèces se côtoient sans se concurrencer sur le podium : colza et moutarde blanche. Si les usages varient, une caractéristique agronomique recherchée les rapproche : la pompe à nitrates. Un colza semé tôt peut mobiliser des quantités importantes d’azote à l’automne et durant l’hiver, lorsque les pertes de nitrates par lessivage sont les plus sensibles. Cela est pris en compte dans le calcul de la fertilisation azotée de printemps. En outre, les repousses sont une CIPAN efficace dans les zones vulnérables. En couvrant le sol 9 à 11 mois sur 12, notamment à l’automne, le colza réduit les risques d’érosion. De la même manière, si la moutarde blanche s’est fortement développée les 10 dernières années, c’est pour sa capacité à produire une forte biomasse rapidement ce qui limite l’érosion, apporte de la matière organique tout en puisant les nitrates du sol et ce dès la récolte d’une céréale à paille. Les graines de crucifères ont suffisamment de réserve pour pouvoir pousser au 15 août et tenir plusieurs jours même en cas de manque d’eau.

Pourquoi intégrer des crucifères aux couverts végétaux ?

La cameline, le radis chinois ou la navette diversifient les mélanges de couverts avec des propriétés agronomiques spécifiques. Les 3 espèces ont un système racinaire pivotant, intéressant pour la structuration du sol à condition de les implanter suffisamment tôt pour leur permettre un bon développement. Le radis chinois se distingue par la longueur de son pivot et par sa destruction, plus facile que celle du radis fourrager. Malgré de faibles surfaces en culture pure – principalement en bio – la cameline prend de son côté de l’ampleur comme espèce de couvert ou en association avec une céréale. Sa sobriété lui permet de se contenter de terres « maigres », elle résiste bien aux fortes chaleurs et au manque d’eau et murit en 3 à 4 mois.
Les crucifères fourragères (colza fourrager, navette fourragère, chou…) se distinguent par rapport aux autres espèces de couvert par leur production de biomasse : de 2 à 7 t de MS/ha en 50 à 60 jours selon le climat. Très appétentes, elles sont également une source de protéines non négligeable.
Enfin, les résidus de crucifères en décomposition et les exsudats racinaires libèrent des molécules à effet « fongicide ». Terres Inovia estime que ce phénomène d’allélopathie réduit de moitié les inoculum de piétin échaudage et de fusariose. Ces composés ont également une action répulsive sur certains insectes.

Quelques chiffres

10%rendement obtenu en moyenne par un blé de colza, supérieur à celui d’un blé sur blé

2 à 7 tonnes de MS/hapeuvent être produite par des crucifères fourragères

Testimonial client

« Cette année, j’ai semé 9 hectares de l’association lentilles + caméline. Je sème la caméline Zuzana à 5kg/ha une semaine avant la lentille. Tout est récolté en même temps en juillet. Les graines sont triées directement à la coopérative. La caméline est intéressante à cultiver car elle mobilise peu de temps le terrain contrairement au colza. J’ai remarqué qu’elle attire de nombreux syrphes. La caméline fournit un bon tuteur à la lentille, ce qui facilite la récolte. Le tapis de chaume qui reste après récolte protège le sol de l’érosion et de l’enherbement et apporte de la matière organique. Laissé sur place après un déchaumage léger après récolte, l’association fait un bon précédent pour une céréale »

Olivier R., 49

Les préconisations de Margaux

Production de biomasse, développement rapide et racines structurantes font des crucifères des partenaires de choix, notamment dans des systèmes en travail du sol simplifié où les apports de matière organique et la structuration du sol sont des facteurs cruciaux de réussite. Les intérêts agronomiques des crucifères ne doivent pas masquer les risques d’un retour trop fréquent dans la rotation. Par exemple, il faut éviter les couverts de crucifères pures dans les rotations où le colza est présent ; la limite est de 30% de graines de crucifères dans le mélange.

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