La minéralisation des vaches laitières

Aucune ration ne permet de couvrir la totalité des besoins en minéraux des vaches laitières.

Les apports doivent être journaliers afin d’éviter que les animaux ne puisent dans leurs réserves et ne compromettent leur longévité et leur reproduction. Une part très importante des minéraux sert à alimenter la flore du rumen qui permettra de produire le lait en quantité et qualité.

Voici quelques conseils afin de bien gérer la minéralisation de vos animaux :

  • Minéraliser l’ensemble des animaux en particulier les génisses (100g/j) qui vont mettre en place leur squelette. Un bon capital osseux initial est nécessaire à l’expression de la production laitière.
  • Apporter du Sodium (sel) dans la ration des laitières : 4 à 5 g de sel/ kg de matière sèche ingérée. Ne surtout pas oublier les taries : 10 à 15 g de sodium au taries soit 30 à 40 g de sel.
  • Pour les vaches hautes productrices (>8-9000 L) : compléter l’apport de calcium (100 g de carbonate ou de lithothamne qui régulera la flore ruminale contre l’acidose).
  • Choisir des formes adaptées aux types de ration, d’animaux et produites par des entreprise certifiées RCNA (Référentiel de Certification de la Nutrition Animale).

Les seaux à lécher seront riches en mélasse et avec des facteurs naturels d’appétence. Les Minéraux en semoulette melassée se répartissent mieux dans les mélangeuses que les poudres et évitent la perte au vent de la « poussière » qui n’est autre que vitamines et oligo-élements.

Le tarissement des vaches laitières

Les enjeux du tarissement sont nombreux. Il faut intégrer notamment la santé de la vache qui est en fin de gestion ainsi que l’intégrité de la mamelle. La santé du fœtus est essentiel puisque sa croissance est la plus importante le dernier tiers de gestation. De plus, son avenir dépendra en partie de la qualité du colostrum qui lui sera offert. La prochaine lactation doit se préparer pour optimiser la qualité et la quantité de lait produit. Enfin, il faut optimiser la gestation suivante avec le retour des chaleurs et la réussite des inséminations fécondantes.

L’arrêt de la traite doit se faire d’un seul coup pour permettre un tarissement efficace. Les animaux doivent être isolés de l’ambiance des vaches en lactation pour éviter tous stimuli de la traite. L’arrêt immédiat de l’eau et du fourrage n’est pas conseillé au risque de perturber durablement la population microbienne du rumen.

Au moment du tarissement, les animaux doivent avoir reconstitués en grande partie leurs réserves corporelles. C’est pourquoi, il faut préparer les animaux durant la deuxième partie de la lactation, période durant laquelle le rendement alimentaire est favorable à reprise d’état (objectif d’une note de 3 au tarissement et 3,5 au vêlage). Il faut séparer les vaches taries du reste du troupeau. L’alimentation aura pour objectif de conserver le volume de la panse et de limiter la dégénérescence des papilles ruminales favorables à la future lactation. Il faut donc préserver la continuité du régime alimentaire principal tout en diluant la ration par une distribution de fibres.

L’apport de minéraux est essentiel pendant le tarissement. D’une manière générale, on choisira un minéral avec un rapport P/Ca égal à 1. Ceci permet à la vache de mobiliser ses réserves osseuses tel qu’elle le fera tout de suite après le vêlage. Les apports sont de 100 à 150 g/VL/j pour un minéral équilibré et en fonction du régime alimentaire.

Les bolus

Les bolus sont reconnus et utilisés depuis des années chez les ruminants. Leur forme galénique a montré ses intérêts : un animal = une dose = un objectif zootechnique. Avec en plus la garantie de l’apport à l’animal, ce qui n’est pas toujours contrôlable dans le cas lors d’un apport en granulés, en seau ou en pierre à lécher, notamment lors du pâturage.
Si le bolus d’oligo-éléments « Vache tarie » représente l’essentiel des ventes, et aide ainsi à l’amélioration de la qualité du coslostrum, on trouve pour beaucoup d’autres objectifs zootechniques :

La fertilité, la compensation de carences, certains anti-parasitaires, et depuis quelques temps l’aide à la baisse de la sécrétion lactée, ou un apport massif de stimulants de l’immunité pour les laitières « millionnaires en cellules »…..
Il ne faut pas oublier que chaque fabricant propose des produits différents sur les deux critères importants que sont le dosage et la durée de relargage. On voit qu’ici, il est important de ne pas oublier sa calculatrice pour comptabiliser les apports par rapport au prix et à ses objectifs personnels. Pour les bolus d’oligo-éléments, si vous trouvez qu’il est difficile de tout comptabiliser, je vous donne une astuce : un bolus doit apporter au moins 4 oligo-éléments (Zinc, Sélénium, Cuivre, Iode). Le manganèse étant rarement en carence. Si vous ne devez compter qu’un seul oligo-élément, prenez le sélénium. Et n’oubliez pas de calculer l’apport quotidien, c’est-à-dire la totalité de l’apport divisé par le nombre de jours de relargage.

Je ne peux terminer ce petit mot sans évoquer la limite des bolus : à apport d’oligo-éléments égaux, un apport par granulé est souvent moins cher, mais il faut souvent apporter ce granulé sur 10 jours. Ensuite les bolus ne sont composés que des formes minérales (oxydes, sulfates, carbonates….). Ils ne contiennent pas d’oligo-éléments chélatés, pourtant beaucoup plus digestibles. Enfin, dans les grands troupeaux, la contrainte de temps et de manipulation des bolus peut avoir un avantage sur le facteur coût de la main d’œuvre.

Le confort des vaches

La vache reste couchée entre 12 et 14 heures par jour. Cette position est la plus favorable pour la production de lait (augmentation de la circulation sanguine de 30 % dans la mamelle). De plus cela permet aux sabots de sécher. Il est donc essentiel que la vache puisse se coucher dans un environnement le plus sain et confortable possible.

Pour cela, Il convient d’observer les animaux dans le bâtiment. Parmi les animaux qui ne mangent pas, les 2/3 des animaux restants doivent être couchés. La répartition doit être homogène. Si ces deux facteurs ne sont pas atteints cela signifie que les logettes ne sont pas accessibles et sont d’un confort insuffisant. Il faut également veiller à la bonne circulation des animaux dans le bâtiment et autour des logettes. La ventilation et l’ambiance est à surveiller ainsi que la bonne accessibilité à l’auge. La logette doit être confortable car pendant la phase de couchage, les 2/3 du poids de l’animal reposent sur les genoux avant.

L’observation individuelle des animaux peut être une source d’information. Les lésions sur le segment inférieur des pattes arrières des animaux est un signe d’inconfort.
La zone de couchage doit être propre, sèche et suffisante. Il faut veiller à avoir une logette par vache ou l’équivalent de 7,5 m2 d’aire paillée par animal. Il faut prévoir un espace suffisant devant la logette (0,5 m) pour permettre à l’animal de se lever (une vache se lève environ 16 fois/jour) et la longueur totale de la stalle doit être d’au moins 2,70 m avec une pente de 5% pour l’écoulement des jus.

L’autre point de vigilance repose sur l’état des sols. En effet, Les bétons lisses ou rainurés anciens sont glissants et peuvent provoquer des blessures irréversibles sur les animaux. Le coût des interventions vétérinaires voire même l’euthanasie ont un coût global important pour l’exploitation agricole. L’utilisation de tapis sur les aires d’attente, couloir d’alimentation (côté vache), dans des box et les nurseries, évite les traumatismes en cas de chute.

Le corn gluten feed

Le corn gluten feed est un coproduit de l’amidonnerie de maïs. Il est constitué des eaux de trempe auxquelles sont ajoutées les sons, le gluten et les germes de maïs. Il ne faut pas le confondre avec le corn gluten meal qui est un autre coproduit de l’amidonnerie beaucoup plus riche en protéines. Utilisé en alimentation des ruminants, le corn gluten feed est une source intéressante d’énergie et de protéines.

Ce coproduit peut se présenter sous forme humide mais il doit être consommé rapidement. La forme déshydratée assure donc la stabilité du produit. Avec 21% de protéine par kg de MS le corn gluten feed est une source intéressante de MAT. Il est riche en fibres (9% MS de cellulose brute, 40% MS de NDF et 11,4% MS d’ADF), mais contient très peu de fibres lignifiées (inf à 2%).

Sa concentration énergétique est intéressante avec un UFL de 1,15% MS. Son niveau modéré en amidon résiduel, permet de réduire la charge en amidon dans le rumenson. Il peut remplacer un aliment de type VL. Les contraintes proviennent de sa faible valeur en PDIE et en Lysine.
La protéine du Corn Gluten Feed est assez dégradables dans le rumen. En conséquence, l’inclusion du corn gluten feed doit être minimisée dans les régimes qui contiennent des ingrédients ayant des concentrations élevées de protéines solubles, telles que les ensilages. Il s‘utilise à raison de 1 à 6 kg brut/j pour les vaches laitières et de 1,5 kg/j pour les génisses de moins de 6 mois. D’autre part ce produit contient beaucoup de phosphore et peu de calcium.

Les drèches

Les drêches de brasserie sont des coproduits de la transformation de graines de céréales germées et séchées (Malt) avant d’être utilisées pour la fabrication de la bière principalement. Le principe de fabrication de la bière repose sur la transformation de l’amidon du grain en sucre. Le produit résultant de cette saccharification est riche en protéines et en fibre et pauvre en amidon. La composition des drêches est variables en fonction de la céréale utilisée (Blé, maïs) mais également en fonction du procédé industriel peuvent varier d’un fabricant à l’autre.

Les volumes de coproduits fournis par ce secteur sont faibles (environ 151 000 t MS), mais les produits fournis sont d’excellente valeur nutritionnelle (riche en azote).

Les drêches de brasserie ont des teneurs assez élevées en protéines (entre 33 et 35 % de MAT MS). Elles sont riches en fibres (ADF : 98 à 160 g/kg MS et NDF : 300 à 410 g/ kg MS) ce qui en fait un aliment intéressant dans les rations riches en concentré pour les ruminants.
La digestibilité est très bonne avec une dMO = 0,83 en moyenne. Les valeurs énergétiques vont de 0,82 à 0,85 UFL par kg de MS.

Les drêches de brasserie sont intéressantes pour l’alimentation des vaches laitières hautes productrices ainsi que pour les bovins en forte croissance, en raison de sa teneur en PDIA. Les protéines présentent en effet une dégradabilité dans le rumen inférieure à celle du tourteau de soja.

L’utilisation recommandée des drêches de brasserie est de l’ordre de 15 à 25% de MS de la ration en substituant une partie du fourrage mais jamais en substitution du tourteau de soja. En raison de sa teneur en fibre, ce coproduit diminue les risques d’acidose par la production de tampon salivaire liée à la durée de mastication plus élevée.

Le tourteau de tournesol

Le tourteau de tournesol est une des principales sources protéiques utilisées en nutrition animale et en particulier dans l’alimentation des ruminants. Les teneurs en protéines, matières grasses et fibres peuvent avoir des teneurs variables en fonction des différents process appliqués.

La production française de graine de tournesol est d’environ 1.3 million de tonne avec une trituration de 1.18 million de tonne sur la dernière campagne. L’utilisation du tourteau de tournesol dans les formules permet de remplacer le soja handicapé par son caractère OGM. Ce coproduit est également une alternative intéressante vis-à-vis d’une dépendance protéique toujours aussi forte.

Les tourteaux de tournesol issus de graines non décortiquées ont la réputation d’être peu énergétiques car ils ont une valeur UFL de 0,63/kg de MS pour un Profat de 28%. Par contre le tourteau de tournesol issu de graines décortiquées permet d’obtenir un produit à 36% de protéines avec un UFL de 0,84/ kg de MS.

Ainsi, ce tourteau appelé Highpro (TTHP) peut remplacer 0,65 kg de tourteau de soja 48 par kg de MS apporté. Malgré sa teneur en lignine, il peut substituer le tourteau de soja 48 sans modifier les performances laitières (essai ITEB 2016 sur une ration à base d’ensilage de maïs avec 2,14 kg MS de TTHP soit 10% de la ration).

Ce type de tourteau de tournesol TTHP a un intérêt économique dès lors que son prix est en deçà de 80% du prix du tourteau de soja 48.

2 Comments

  1. Couderc 2 février 2018 at 13 h 05 min

    Très Intéressant

    Reply
    1. admin 14 février 2018 at 2 h 34 min

      Merci pour ton retour Alexandre, nous sommes content que l’article te plaise.

      Reply

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