Itinéraire technique d’une CIPAN : la destruction

L’efficacité du couvert végétal est conditionnée par la date et le mode de destruction. Il faut trouver un compromis entre une destruction trop précoce avec une efficacité limitée du couvert, et une destruction tardive, qui peut pénaliser le rendement de la culture suivante.

Quelle valeur donner à la date réglementaire de destruction ?

À compter du 1er février il est possible, administrativement, de détruire les couverts. Sachant cela et selon ses objectifs il faudra trouver le bon compromis entre une intervention précoce favorable à une dégradation plus rapide de la biomasse, et une plus tardive, souvent liée à une valorisation en tant que fourrage. Le couvert doit s’être suffisamment développé pour atteindre les objectifs attendus : prélever de l‘azote dans le sol, apporter de la matière organique, limiter l’érosion. Une destruction trop tardive, se traduisant par un couvert bien développé, peut pénaliser le rendement de la culture suivante. Le couvert aura tendance à se lignifier, ce qui retardera le relarguage de l’azote dans le sol. Une décomposition insuffisante pourra gêner le semis de la culture suivante et favoriser l’activité des limaces. On estime que la destruction doit avoir lieu au plus tard 2 mois avant le semis de la culture suivante, sauf dans le cas de semis direct sous couvert vivant où le raisonnement sera différent.

Comment choisir le mode de destruction ?

Les espèces du couvert sont choisies en fonction des objectifs assignés au couvert : apport de matière organique, valorisation en fourrage, piège à nitrates, biodiversité… Le mode de destruction est conditionné par le cycle végétatif des espèces et leur physiologie : la destruction peut se réaliser par le gel pour les espèces gélives et à cycle végétatif court comme l’avoine de printemps, l’orge de printemps, le moha… ainsi que certaines légumineuses comme la vesce, le trèfle d’Alexandrie, etc. Un roulage du couvert permet de compléter l’action du gel. La destruction du couvert peut s’effectuer par un simple labour lorsque la culture est peu développée ou que le couvert a été détruit préalablement par le gel. La destruction chimique permet de stopper la végétation et d’entraîner une dégradation lente donc une protection du sol jusqu’au printemps. Elle est utilisée essentiellement pour les couverts à cycle longs et non gélifs (par exemple graminées ray-grass) ou les parcelles avec problème d’espèces vivaces.

Quelques chiffres

entre 10 et 20Pour éviter la faim d’azote, le rapport C/N du couvert lors de sa destruction doit être compris entre ses deux valeurs

800 à 1000degrés jours, c’est la somme des températures à atteindre pour une biomasse de 1,5 à 2T de MS en début d’hiver

Testimonial client

« Sur mon exploitation, les mélanges s’appuient sur la phacélie et le radis. J’évite les graminées – sauf peut-être l’avoine rude – car trop difficiles à détruire. Ainsi la couverture du sol est rapide et la destruction par le gel fréquente – avec parfois un roulage – pour un salissement quasi nul. La solution chimique est utilisée dans l’interculture en dernier recours, notamment pour gérer les vivaces. Je continue de labourer pour l’implantation des haricots. Dans ce cas, l’application d’un glyphosate est inutile. »

Franck, (56)

Les préconisations de Margaux

Pour maximiser l’impact positif du couvert pour le sol, l’idéal est d’intervenir sur sol bien ressuyé afin d’éviter tout phénomène de tassement. Le choix d’espèces gélives permet, pour ceux qui souhaitent limiter le travail du sol, d’avoir une bonne couverture du sol par le couvert en cours de dégradation pour limiter l’érosion et étouffer les adventices. Il faut veiller à synchroniser la période de gel avec un développement intermédiaire de la plante pour qu’elle ne soit pas trop difficile à dégrader ensuite ; ces éléments seront à adapter selon la région et l’année climatique.

Laissez votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *