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Fertilisation du colza : tout est lié !

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Présentation

Brassica napus est sur le podium des cultures qui ont connu la plus grande expansion en surfaces les 20 dernières années, grâce à une amélioration génétique elle aussi très importante. Au delà de la gestion de l’azote, comme toutes les crucifères le colza a des besoins élevés en soufre. Il est aussi très exigeant en phosphore.

Un des bénéfices agronomiques du colza est son rôle de pompe à azote lorsqu’il couvre le sol en hiver. Un colza semé tôt peut mobiliser jusqu’à 100 kg d’azote pour démarrer son développement en fin d’été et à l’automne, limitant ainsi les pertes de nitrates par lessivage. Le colza valorise très bien les engrais organiques s’il est implanté suffisamment tôt ; une opportunité pour les élevages.

Si les besoins du colza sont satisfaits par les reliquats avant l’hiver – les agriculteurs l’ont compris et ne fertilisent quasiment plus à l’automne – la pompe se remet en marche au printemps et il faut s’assurer qu’elle ne fonctionne pas à vide. Une parcelle de colza a besoin de 7 kg d’N/ha par quintal de grain.

La minéralisation peut assurer une partie des besoins seulement. Plus le sol est vivant, plus le turn-over de matière organique, actionné par la vie du sol, sera important avec des besoins en fertilisation qui diminuent. Mais la fertilité naturelle ne suffit pas. On conseille donc d’utiliser des outils d’aide à la décision comme la réglette colza, qui permet de déterminer les apports à effectuer en fonction de la biomasse foliaire en sortie d’hiver : plus le colza s’est développé avant l’hiver, moins les apports à faire ensuite seront élevés. Par exemple, un colza avec un objectif de rendement de 35 quintaux/ha nécessite 245 kg d’azote. S’il a prélevé 70 kg d’azote à l’automne et que la minéralisation (humus, précédent et de éventuel fumier) est de 30 kg, il faudra apporter 145 kg. Dans ce cas, Terres Inovia conseille un fractionnement en 2 à 3 apports.

Beaucoup d’agriculteurs tentent l’association avec des légumineuses (voir vidéo ci-dessous), pour couvrir le sol, limiter les ravageurs et le développement d’adventices et bénéficier d’une source « naturelle » d’azote permettant de réduire de 30 kg la dose d’azote apportée au printemps si la plante compagne a bien levé.

colza associé à des légumineuses gélives ou pérennes :

Une fertilisation phosphatée parfois négligée !

Le phosphore, qui est impliqué dans la multiplication cellulaire et la photosynthèse, a un impact direct sur l’efficacité de l’azote dans la plante ; une carence est détectable par un rougissement des feuilles. Le colza a besoin de 90 kg/ha de P205 pour un objectif de rendement de 35 qtx. Lorsque la biodisponibilité en phosphore est faible, le gain de rendement engendré par un apport peut atteindre 100%. Dans ces parcelles, préférer les apports en fin d’été avant l’implantation de la culture pour limiter le risque de carence précoce à l’automne. Le stade de sensibilité maximale du colza à la carence en phosphore se situe pendant la phase juvénile, au stade 5-6 feuilles. Les régions d’élevage où les apports d’effluents sont fréquents, sont peu concernées par cette situation.

Le colza est moyennement exigeant en potasse et en magnésium. Comme pour toutes les cultures, la quantité à apporter en P, K et Mg se raisonne en fonction de l’analyse de sol, du passé de fertilisation, du précédent et des objectifs de rendement selon la méthode COMIFER.

Soufre, bore et molybdène agissent sur N et P !

L’autre élément fortement lié à l’azote est le soufre, qui entre aussi dans la composition des acides aminés soufrés, donc des protéines et de la chlorophylle. Les fonctions du soufre sont en fait très liées à celles de l’azote. Les deux éléments agissent en synergie. Le sol ne peut pas fournir la totalité du soufre nécessaire en fonction du type de sol (les sables et les craies sont critiques) et de la manière dont il a été géré par le passé. L’odeur forte du colza est caractéristique de l’importance du soufre dans sa composition avec un pic au printemps à 200 kg de SO3/ha soit 5,4 kg/quintal de graines dans un laps de temps précis : début montaison. Les pertes de rendement s’étendent de 10 à 20 q/ha avec une qualité des graines qui peut aussi être impactée. On préconise en général un apport de 75 unités de SO3, qui sera suivi éventuellement d’un autre passage si une carence est observée.

Si la fertilisation azotée est plus forte les besoins en soufre augmentent et l’apparition d’une déficience en soufre est favorisée car il faut faire tourner la « machine » photosynthèse. Les apports organiques fréquents ou les apports de soufre sur le précédent contribuent à limiter le risque. Une structure saine assure un bon accès à la solution du sol par les racines et donc une bonne absorption du soufre.

Dans les sols légers à acides, les apports en bore et molybdène peuvent être nécessaires. Ces deux éléments sont étroitement associés à la croissance de toutes les crucifères : le bore au niveau de la croissance racinaire, l’initiation florale, le rendement en graines et la teneur en huiles, le molybdène est impliqué dans le processus d’assimilation de l’azote et le métabolisme du phosphore. Des produits comme Eco Borat sont efficaces notamment pour renforcer la plante contre les attaques d’altise. Si vous avez déjà observé des carences et si vos sols présentent des risques, un apport foliaire en bore est nécessaire, du stade C2 au stade D2.

Déterminer les sources de fertilisants disponibles

Une fois la dose à apporter déterminée, on a le choix de la forme d’engrais et du produit. Les effluents d’élevage et autres produits résiduaires organiques sont la première source à valoriser.

Les 3 formes d’azote, uréique, ammoniacale et nitrique, peuvent être utilisées. Le choix de la forme sera fonction de vos objectifs. La forme nitrique est moins sujette à la volatilisation que l’urée et les ammonitrates. En tenant compte des besoins en soufre, phosphore et potasse, on pourra opter pour des engrais azotés simples ou complexes. Agriconomie propose également un engrais organo-minéral 6-10-2 dans les situations où l’on souhaite apporter une fertilisation légère et entretenir l’humus du sol.

De nombreux engrais soufrés sont disponibles sur le marché. Sulfate d’ammoniaque ou de potassium, superphosphates, solution azotée soufrée ou encore kiésérite et de nombreux noms commerciaux. La forme d’engrais n’influence pas l’efficacité de l’apport, elle doit être choisie en fonction du coût et de l’équilibre avec les autres éléments apportés lorsqu’on choisit d’apporter du soufre avec un engrais composé. Les super 18 et 25, les sulfates de potassium sont souvent moins onéreux. Agriconomie propose aussi du thiosulfate d’ammonium liquide qui, mélangé à la solution azotée, améliore son efficience et réduit les pertes ammoniacales.

Pour les oligoéléments, Bore+Molybdène Fertigo Pro est utilisable en foliaire ou au sol, et est autorisé en agriculture biologique.

Quelques chiffres

    • 30 kg d’azote par hectare peuvent être économisés en associant une légumineuse au colza

(source : Terre Inovia)

    • 2000 ha, c’est la surface de colza bio en France, répartis sur 300 fermes

(source : Yara)

    • 150 à 200 kg/ha c’est la quantité de soufre dont le colza a besoin pour son développement

(source : AgroReporter)

Tester le bio !

Environ 500 exploitations « osent » le colza bio, représentant environ 2000 ha. Il peut être intéressant de relever le défi agronomique : la demande est forte, notamment pour l’huile alimentaire. La fertilisation minérale n’étant pas autorisée, il faut booster la fertilité du sol : légumineuses (féverole) en précédent voir en association, fertilisation organique suffisante et semis précoce pour assurer une bonne valorisation de l’azote à l’automne. Les produits les plus efficaces sont ceux qui minéralisent rapidement: fientes, compost de fientes, vinasses de betterave, farines de plumes, lisier, où des engrais organo-minéraux présents dans la gamme d’ Agriconomie. Si aucun apport n’a pu être réalisé au semis, une fertilisation de printemps supprimera une éventuelle carence et permettre au colza de produire des ramifications, dont dépendra le nombre de grains et donc le rendement.

Testimonial client

« Cela fait 5 ans que j’ai intégré le colza à mon système, déjà bien diversifié. Dans une rotation à 6 cultures où le fumier de porcs revient souvent, il suit une féverole. Avec mon technicien on a estimé que le colza prélevait entre 40 et 80 unités d’azote à l’automne, grâce à la minéralisation des résidus du précédent et du fumier. Avec un objectif de rendement de 32 qtx/ha, j’apporte le restant – 120 unités – sous forme d’ammonitrate fractionné en 2 apports : début montaison et boutons accolés. »
(Thomas, 62)

Opaline Lysiak

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