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Comment réussir son déchaumage?

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Après la période de récolte, les déchaumeurs sont de sortie dans les plaines de
France. Etape incontournable post-moisson, la technique de déchaumage à dents ou à
disques est bénéfique d’un point vue agronomique si elle est réussie. Au contraire, elle peut
engendrer de mauvais résultats si le déchaumage est mal réalisé ou trop utilisé. Le
déchaumage est donc une intervention à raisonner en fonction de ses conditions
pédoclimatiques. De plus, les constructeurs rivalisent de nouveautés dans ce domaine et le choix est large. Pas facile de s’y retrouver, c’est pourquoi Agriconomie vous propose ce petit
guide de comment réussir son déchaumage.

Le principe du déchaumage

Le déchaumage est une intervention mécanique et superficielle de préparation du sol
consistant à enfouir les chaumes, les résidus de récolte, les plantes adventices et les graines
sous la surface pour les empêcher la montée à graines dans la culture suivante.
L’enfouissement favorise ainsi la décomposition de ces éléments. Cette opération est
réalisée en un ou plusieurs passages à une profondeur variant de 2 à 20 cm. Les outils
généralement utilisés en déchaumage sont le déchaumeur à disques, le vibroculteur lourd,
les pulvériseurs à disques, la herse de déchaumage ou encore les déchaumeur à bêches
roulantes.
Le déchaumage demande la prise en compte des conditions météorologiques et la
connaissance précise de la flore (durée de conservation, période de levée, etc.).

Les intérêts d’un bon déchaumage

Bien que le contexte actuel soit à la réduction des interventions de travail du sol pour
des raisons économiques, le déchaumage reste un poste à ne pas négliger répondant à de
nombreux intérêts agronomiques. Il possède plusieurs fonctions que les habitudes de travail
font souvent oublier.

  •  Réduire le stock d’adventices

Pour contrôler les adventices, on pratique la technique du faux-semis. Il correspond à
un travail superficiel du sol, moins de 5 cm de profondeur, qui a pour but de stimuler
la levée des adventices puis de les détruire avant l’implantation de la culture. Sa
réussite repose sur le choix de bons outils, sur les adventices ciblés et reste
dépendante des conditions climatiques.

  • Améliorer la décomposition des résidus de récolte

Par leur incorporation dans le sol, les résidus de récoltes mélangés à la terre pourront
subir un début d’humification qui réduit la quantité de débris végétaux en surface.
Cette humification favorise le blocage de l’azote minéral du sol. Ainsi on permet le
piégeage des nitrates dans le sol et les repousses sont capables de consommer de
l’azote à condition que ces repousses soient abondantes et homogènes. On évite
ainsi la lixiviation de l’azote encore présente dans le sol.

  • Améliorer la répartition des amendements calcaires et l’incorporation des effluents d’élevage

Tout comme les résidus de récoltes, les engrais épandus sur chaumes auront une
meilleure efficacité après enfouissement dans le sol. Attention à ne pas les enfouir
trop profond sous peine d’être inefficace pour la culture suivante.

  • Faciliter la réalisation des opérations culturales suivantes

Le déchaumage peut être utilisé pour la préparation d’un lit de semence facilitant le
semis des cultures suivantes, intermédiaires ou principales. Le nivellement du sol et
l’émiettement de surface sont des moyens facilitant le semis, particulièrement utiles
en techniques sans labour.

  • Réduire les populations de limaces ou d’autres ravageurs du sol

Le déchaumage est un bon moyen de lutte contre les limaces, et dans une moindre
mesure contre les taupins et les mulots, car il permet d’assécher leur biotope pour le
rendre défavorable, de détruire leur nourriture, d’éliminer directement certains
individus et de mettre les œufs à la surface afin de favoriser leur exposition au soleil
et leur destruction. En cas de fortes infestations, la répétition des déchaumages est
un plus. Si un seul passage est prévu, il vaut mieux le faire le plus tôt possible dès la
récolte du précédent.

Le choix de votre outil

  • Raisonner son type de déchaumage

En fonction du résultat agronomique désiré, il existe plusieurs techniques de
déchaumage:

– Le déchaumage très superficiel, de 1 à 3 centimètres de profondeur, pour
l’enfouissement et la répartition des pailles ;

– Le déchaumage superficiel, de 2 à 5 centimètres de profondeur, pour réaliser un
faux-semis propice à la levée des adventices, avec de de la terre fine et en exerçant
une pression à la surface à l’aide d’un rouleau ;

– Le déchaumage intermédiaire, de 5 à 8 centimètres de profondeur, pour enfouir la
plus grande partie des adventices mais les semences d’adventices resteront en
dormance en profondeur et seront prêtes à germer dès qu’elles seront remises à la
surface ;

– Le déchaumage profond, de 10 à 20 centimètres de profondeur, se justifie quand il
s’agit de détruire des adventices déjà développées et pour détruire les vivaces
résistantes.

  • Choisir l’outil approprié

De nombreux outils répondent aux différents besoins des agriculteurs en termes de
déchaumage. Le déchaumage répond en effet à différents objectifs, qui ne seront
atteints que par un choix approprié du matériel et des conditions d’intervention. Le
choix du déchaumeur se fait selon le type de sol et les conditions météorologiques.
Voici les déchaumeurs principalement utilisés :

La herse est un outil économique qui permet un travail à grande vitesse. Son travail
sur les résidus est efficace uniquement en condition sèche et avec de la paille bien
mûre. Ne faisant que gratter le sol, elle présente l’inconvénient de devoir faire
plusieurs passages pour réaliser un faux semis de qualité.

Le déchaumeur à bêches roulantes est très efficace pour les faux semis. L’outil
arrache et projette la terre en surface grâce à la rotation libre de ses bêches. Mais
elles procurent un travail irrégulier en profondeur provoquant une très faible
destruction des repousses et des adventices.

Le déchaumeur à disques indépendants se distingue par les angles d’attaque et
d’entrure donnés à ces derniers. Fabriqué au départ pour le travail superficiel et
rapide avec des petits disques, il existe maintenant des disques de plus diamètre
supérieur permettant un travail plus profond avec une aptitude moyenne à
l’incorporation des pailles. Ces derniers permettent également la destruction des
repousses en fonction du diamètre et de l’angle des disques. Les outils à petits
disques sont parfaits pour pratiquer le faux semis.

Le vibrodéchaumeur, appelé également vibroculteur, est un outil à dents pour
travailler de manière superficielle. Simple d’utilisation, il autorise un travail à vitesse
élevée permettant de réaliser un faux semis, de bien répartir la paille et même de
détruire les repousses, à condition d’intervenir assez tôt avec des pattes d’oies. De
plus, cet outil peut être utilisé pour la préparation d’un lit de semence pas trop
exigeant sur la finesse de préparation.

Le déchaumeur à trains de disques, aussi appelé cover-crop ou pulvériseur à
disques, réalise rarement un travail très superficiel et régulier. Robuste et efficace, c’est le déchaumeur le plus polyvalent. On privilégie son utilisation en conditions
sèches. De par sa capacité de pénétration, ce type d’outil permet une certaine
aptitude aux faux semis, à l’incorporation des pailles et à la destruction des
repousses, en fonction du réglage de l’angle d’attaque.

– Le cultivateur à deux rangées de dents et disques de nivellement doit son
efficacité à sa simplicité, son besoin de traction modéré et sa capacité d’adaptation
au travail plus ou moins profond. L’emblématique modèle Lemken Smaragd a
démocratisé ce type d’outil. Capable de faire un pseudo-labour, tout en proposant
un nivellement correct, il est cependant peu efficace pour le faux semis et pour la
répartition des pailles en surface.

Le cultivateur à trois rangées de dents et disques de nivellement est une
alternative au cultivateur à deux rangées de dents car en en multipliant le nombre de
dents, l’usure du matériel est réduite et il améliore la régularité du travail sur la
largeur. Son travail est comparable au cultivateur à deux rangées de dents.

Le réglage et l’entretien de votre déchaumeur

  • Le réglage des outils de déchaumage

Trouver le réglage parfait avec un déchaumeur peut se transformer en véritable
problématique. En effet, les réglages appliqués sur un train de disques interfèrent
souvent avec les modifications des autres trains. C’est pourquoi il vaut mieux
réserver quelques heures à la préparation de l’outil pour en optimiser ses effets
agronomiques.

Les cultivateurs à rangées de dents et disques de nivellement sont par nature simples
à régler pour un travail profond. Cependant, ils sont plus complexes à ajuster pour un
déchaumage très superficiel. Le réglage des disques de nivellement se situe au niveau
du rouleau arrière et de la liaison par parallélogramme. La hauteur des dents est
réglée indépendamment.
Concernant un déchaumeur à trains de disques, il est compliqué d’obtenir un bon
équilibre entre les trains avant et arrière. Arvalis-Institut du végétal conseille de
manipuler simultanément sur la barre de compensation qui relie les deux trains et sur
les roues porteuses qui ajustent la profondeur de travail. L’ajustement de déport de
la flèche d’attelage sera employé afin d’éliminer la marche en crabe du tracteur.
Avec un pulvériseur ou un déchaumeur à disques indépendants, Arvalis recommande
de ne pas trop solliciter les disques avant. Les anomalies de répartition entre les deux
trains se constatent aisément grâce à l’usure des pièces qui travaillent. Pour enrayer
cela, le train avant doit être légèrement plus fermé que le train arrière.

  • L’entretien de votre outil

Le graissage des éléments et l’entretien régulier des pièces d’usures sont
indispensables pour réussir son déchaumage. Les outils de déchaumage sont
constitués de plusieurs pièces d’usures qui nécessitent une attention particulière. Il
faut les contrôler régulièrement et les changer si besoin avant de faire travailler
l’outil.
Sur les déchaumeurs à dents, il faut contrôler les dents de déchaumeur et les
remplacés si besoin. Elles sont couplées avec des socs à pointe et des socs de
déchaumeur qui peuvent être changés. La séparation de ces éléments permet de
réduire les coûts d’usure. En fonction du type de sol, du travail réalisé, du lieu et de
l’humidité du sol, il est possible d’user 3 à 5 pointes de socs, avant de devoir
remplacer le versoir. Enfin, il faut contrôler et parfois remplacer les déflecteurs de
déchaumeur.
Pour les déchaumeurs à disques, il faut évidemment contrôler les disques, les coutres
circulaires, les grattoirs et remplacer ces pièces s’il y a de l’usure avancée. Chaque
disque est indépendant et peut être remplacé sans avoir à changer tout le dispositif.
D’autres pièces sont évidemment à surveiller telles que les moyeux de disques, les
brides, les arbres de transmission… Quand cela est possible, privilégiez des pièces en carbure qui ont des durées de vie bien plus grande malgré un coût d’achat plus
élevés.

Une opération culturale à part entière

Le travail du sol s’est constamment transformé au cours de la dernière décennie en
agriculture. L’abondance des pratiques sans labour, du désherbage des chaumes avec des
herbicides totaux ainsi que la recherche d’économie dans les techniques culturales ont
quelquefois fait perdre de vue les avantages agronomiques des opérations mécaniques en
interculture. L’application d’herbicides totaux, moyen efficace de lutte et facile à réaliser, est
une opération à limiter aux parcelles infestées de vivaces dans lesquelles les interventions
mécaniques seraient peu efficaces.
Aujourd’hui, le déchaumage est plus que d’actualité. En contrôlant à ce que cette opération
ne soit pas trop profond, pour donner la priorité aux faux semis, le déchaumage est une
intervention culturale spécifique en préparation du futur semis de la culture suivante, qu’elle
soit une CIPAN ou une culture principale.

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