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Tout savoir sur le colza

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1.     Présentation

1 .1 Présentation générale

Le colza, Brassica napus, est une plante herbacée annuelle dicotylédone de la famille des Brassicacées.  Le colza est issu du croisement naturel entre un chou, Brassica oleracea originaire d’Europe de l’Ouest et d’Afrique du Nord-Ouest, et d’une navette, Brassica rapa originaire d’Europe et d’Asie. Le colza est une culture appréciée par les agriculteurs pour son utilisation en alimentation animale avec les tourteaux de colza, mais aussi pour son intérêt agronomique dans la diversification des rotations. L’huile de colza est reconnue par les consommateurs du grand public pour son intérêt nutritionnel. Le colza est aussi une culture d’avenir à travers son utilisation dans les biocarburants.

1.2 Données chiffrées et répartition géographique

Le colza, de par son importance dans l’alimentation humaine,  est produit mondialement. Sur une moyenne de cinq ans, de 2010 à 2014, l’Union Européenne est le plus gros producteur avec 20 millions de tonnes de colza produit. Le colza et la Chine, en 2e et 3e position, ont produits respectivement en moyenne 15 millions de tonnes et 12 millions de de 2010 à 2014. Pour tous les usages confondus, 25 millions de tonnes d’huiles de colza sont consommés dans le monde chaque année ; les européens en sont les plus importants consommateurs, suivi des chinois.

La carte présentée ci-dessous montre la répartition géographique de production de colza (surfaces en ha) selon les différentes régions françaises en 2015 :

2.     Pratiques

2.1  Améliorer le rendement

Avoir de bonnes pratiques agricoles et apporter les éléments nutritifs à la plante aux stades végétatif et génératif où elle en a besoin concilie quantité et qualité du rendement final. Pour ce faire, il faut prendre en compte les facteurs qui influencent le rendement de colza :

  • Nombre de plants/unité de surface
  • Nombre de siliques/plants
  • Nombre de graines/siliques
  • Poids de chaque graine

Pour optimiser ces facteurs, tout dépend de ce que souhaite produire l’agriculteur avec sa culture de colza : huile pour alimentation humaine, matière première renouvelable pour l’industrie chimique, source d’énergie renouvelable (biocarburants), tourteaux de colza destinés à l’alimentation animale (source d’énergie) ou une culture dérobée servant d’engrais et de culture fourragère. Selon ce que l’agriculteur souhaite produire, il est préconisé de réaliser une nutrition parfaitement équilibrée en jouant sur le taux de glucosinolate (cf.2.2) et la teneur en huile du colza (cf 2.3).

Aussi, les éléments nutritifs tels que l’azote, le soufre, le molybdène, le phosphate, le magnésium, le manganèse et le bore se doivent d’être présents dans le sol en quantité suffisante pour permettre une bonne croissance du colza, et donc un excellent rendement. Chacun de ces éléments jouent un rôle clé dans le développement des plantes. Par exemple, le soufre, le molybdène et l’azote sont trois nutriments corrélés pour le colza ; ils participent à la synthèse protéique, enzymatique et photosynthétique, métabolismes ayant un impact sur le rendement. Quant au magnésium, c’est éléments clés pour le fonctionnement de la photosynthèse ; le colza en a particulièrement besoin lors d’une courte période juste avant la floraison. Le phosphate joue un rôle dans le transfert de l’énergie au sein de la plante, impactant alors la teneur en huile et en protéines des graines. Le manganèse joue un rôle dans la synthèse des lipides ; il impact donc la teneur en huile du colza. Le bore, lui, participe au développement des racines et des points végétatifs des pousses, à la biosynthèse des parois cellulaires, au métabolisme des hydrates de carbones et des protéines et dans la division et l’élongation cellulaire. Le bore est également nécessaire à la germination du pollen et à la croissance du tube pollinique. Il permet aussi au colza de former des composés antifongiques naturels et transporter ces composés sur le site de l’infection.

2.2  Le taux de glucosinolate

Les glucosinolates, noté GLS, sont les principaux éléments soufrés contenus dans les plantes de la famille des Brassicacées tel que le colza. Les GLS sont des composés organiques dérivés, produits par métabolisme secondaire, du glucose et des acides aminés contenant du soufre et de l’azote. La présence de glucosinolate chez le colza joue un rôle dans le mécanisme de défense de la plante contre les ravageurs et les maladies ; ce composé est essentiel dans la croissance du colza car il permet de réguler l’utilisation des produits phytosanitaires tels que les insecticides, fongicides, pesticides. De plus, le taux de glucosinolate dans l’huile de colza à destination humaine permet de réduire le risque de cancer chez l’homme. Pour la production de tourteaux de colza, la concentration requise en glucosinolate est comprise entre 14 et 24 µmol/g dans la matière sèche des feuilles et 115 µmol/g  dans la matière sèche des graines. Si le taux est plus élevé dans les tourteaux, la glucosinolate peut affecter la fonction thyroïdienne des monogastriques et entraînes des troubles nutritionnels chez les volailles. La sélection de culture de colza à destination d’alimentation animale continue ainsi pour réduire la teneur en GLS dans les tourteaux de colza ; ces derniers sont une excellente source d’énergie pour les animaux d’élevage sans apporter de troubles de santé aux animaux. Il est préconisé à l’agriculteur de contrôler ses apports en soufre, cet éléments nutritifs ayant tendance à augmenter la teneur en GLS du colza.

2.3  La teneur en huile du colza

La teneur en huile d’une culture de colza est l’élément clé, avec le taux en GLS, sur lequel l’agriculteur peut agir pour avoir un bon rendement. La teneur en huile de colza dépend de la quantité de graines par siliques, du nombre de siliques par plante et du nombre de plante par surface ; pour jouer sur la teneur en huile du colza cultivé, il est préconisé de maximiser l’activité photosynthétique. Cette photosynthèse représente la source de la croissance de la plante grâce l’assimilation de CO2 et l’absorption de l’énergie solaire. L’azote, un élément nutritif au cœur d’innombrables composés de la plante, impact l’activité photosynthétique du colza. Etant corrélé au soufre et au molybdène, toutes carences en l’un de ces trois composés produits de faibles indices foliaires dû à une durée de végétation réduite, impactant la teneur en protéines des grains et par conséquent le rendement. A l’inverse, un excès de ces trois éléments nutritifs entraîne une faible teneur en huile des grains et une augmentation des GLS. C’est pourquoi, il est préconisé de réaliser un apport en soufre, azote et molybdène de manière équilibré pour le colza. En outre, comme dit précédemment, le manganèse doit être quantité suffisante dans le sol et en apport supplémentaire si nécessaire ; c’est un élément nutritif essentiel à la formation des lipides, impactant donc la teneur en huile du colza.

3.     Cycle de vie

3.1  Saisonnalité des plantes

Le schéma ci-dessous présente le cycle de vie du colza selon une échelle temporelle. Le semis se réalise de mi-août à mi-septembre pour le colza, pour une récolte ayant à la fin du printemps.

3.2  Cycle de développement des plantes

Le cycle de développement du colza se déroule en trois phases successives :

  • La phase végétative
  • La phase reproductrice
  • La phase de maturation

La phase végétative est la première phase de développement du colza. Elle débute par la germination épigée des deux cotylédons du colza, puis se poursuit par la pousse d’une vingtaine de feuilles, formant une rosette, avant l’hiver. Ainsi, au début de l’hiver, la plante possède une tige de 10 à 20cm selon les conditions écologiques ou variétales. En parallèle à la formation de la rosette de feuilles, le système racinaire se développe en pivot, comme le montre la photo ci-dessous. Ce système racinaire permet à la plante de faire des réserves glucidiques, afin d’être utilisées lors de la montée, de la ramification des tiges et de la maturation.

 

La phase reproductrice débute à la fin de l’hiver, par la montée de la plante. L’inflorescence se note au sommet de la tige, avec en parallèle le début de l’élongation des entre-nœuds supérieurs. Alors que la floraison a déjà débuté, la ramification de la tige commence. La floraison dure de 4 à 6 semaines selon l’échelle de la plante.

La phase de maturation correspond à la formation du fruit de colza, soit les siliques ; la maturité des graines est acquise en 6 à 7 semaines après la fécondation.

4.     Carences et Maladies

4.1  Les carences du colza

La photo ci-dessous présente la carence du colza en soufre ; c’est la carence la plus facilement rencontrée pour cette culture, étant donnée l’importance de ce nutriment dans la croissance du colza. Cependant, comme toute plante, le colza peut présenter une carence en tout élément nutritif.

La carence en soufre est d’abord visible sur les jeunes feuilles, qui prennent une couleur du vert clair au jaune, parfois jusqu’à des couleurs violacées ou jaunâtres en cas de carences sévères. De plus, les jeunes feuilles prennent une forme aux bordures courbées et étroites. La carence en soufre peut être aggravée par des sols acides, légers ou sableux avec une faible teneur en matière organique ou encore un sol tassé imbibé d’eau. Pour lutter contre une carence en soufre, Yara recommande le produit « YaraBela SULFAN 24 +18 » en apport fractionné à la reprise de végétation pour au stade boutons accolés. Ce produit garantie une nutrition azotée optimale du colza tout en couvrant les besoins en soufre.

4.2  Les maladies

Les maladies du colza sont principalement dues à des insectes parasites ou des champignons. La figure ci-dessous présente l’apparition des principales maladies du colza en fonction du stade de croissance de la plante. Ainsi, diverses actions sont à réaliser pour lutter contre une maladie à un stade précis.

Le tableau ci-dessous présente les caractéristiques des principales maladies du colza :

MaladiesAgent responsableSymptômesLutte
La hernieChampignon terricoleInfection des tissus racinaires – Stimulation d’une croissance anormale des organes touchées

Propagation des spores dans les champs – subsistance pendant 10 ans dans le sol

Fongicides (efficacité limitée)

Chaulage

Rotation de 7 ans minimum entre 2 cultures de brassicacées

Bonnes pratiques agricole limitant la propagation des sols infectés

Bon drainage

Contrôle des mauvaises herbes

Sclerotinia (Sclérotiniose, Pourriture blanche)ChampignonPar temps humide, à la floraison

Naissance du champignon dans le sol provoquant une maturation prématurée et la verse de la récolte

Perte totale de la production

Ajuster les apports azotés de manière adéquate à la quantité d’azote déjà présente dans le sol (nutrition azotée excessive = couvert végétal luxiriant et humide = Sclerotinia)
Méligèthe du colzaInsecte parasite Meligethes aeneus

Genre : Coléoptère

Alimentation des adultes méligèthe par le pollen des boutons floraux avant leurs éclosions – dessèchement des boutons (migration de l’insecte en coïncidence avec la période de bourgeonnement jaune/vert)Intervention au stade boutons accolés à partir de plus d’un méligèthe par plante ou au stade boutons séparés à partir de 2 à 3 méligèthe par plante.

Traitement inutile dès l’éclosion des premiers boutons (nuisance des méligèthes négligeables)

 

Altise d’hiver du colzaInsecte parasiteCriblure sur les cotylédons et les premières feuilles, provoquant une réduction de la surface foliaire

Alimentation des larves dans les pétioles et les tiges des feuilles, provoquant une réduction de la vigueur des plantes

Faire atteindre le stade 4 feuilles aux plantes avant l’attaque des adultes : variété de colza avec une bonne vigueur au semis (hybride), semis précoce, fertilisation azoté au semis ou couvert végétal à base de légumineuse (ex : févrole) pour fournir un azote disponible au début du cycle du colza.

Si attaque des adultes avant le stade 4 feuilles, lutte chimique.

Puceron vert du pêcherInsecteTransmission du virus jaune du navet

Forte capacité de dispersion

Grand nombre de plantes hôte

Puceron caché sous les feuilles de colza dès sept/oct

 

·         Observation minutieuse en sept/oct sous les feuilles de colza

·         Intervenir entre le stade cotylédon et le stade 6 feuilles si 2 pieds/10 sont porteurs de puceron.

·         Lutte chimique à base de néonicotinoïdes – efficacité régulière par rapport au pyréthrinoïdes.

·

Limaces grise ou noireLimace grise : Deroceras reticulatum

Limace noire : Arion hortensis

Attaque des graines avant le semis – importantes pertes après émergence de la graineTravail du sol au semi conseillée – perturbation des activités des limaces, limitation de leurs abris et leurs nourritures, dessèchement de la couche superficielle du sol qui inhibe l’activité de surface des limaces.

Semi à réaliser dans une terre fine, favorable à une germination rapide et une levée rigoureuse.

5.     Apports

Colza d’hiver ou de printemps, cette culture s’adapte bien aux sols dont les réserves en eau sont faibles et résiste au froid d’hiver. Le colza est exigeant en azote, phosphore et soufre ; il convient donc de réaliser des apports fertilisants composé de ces trois nutriments à différents stades de croissance de la plante. La courbe ci-dessous présente l’absorption des éléments nutritifs par le colza selon sa croissance :

5.1  Apport en azote et en soufre

Pour le colza, il convient d’apporter au maximum 10kgN/ha au début de sa croissance, à l’automne. Cet apport permet de favoriser la croissance du système racinaire du colza ; il peut ainsi exploiter vigoureusement les éléments nutritifs présents dans le sol. Par conséquent, la quantité d’engrais à apporter lors du développement du colza sera moindre.

Plusieurs solutions de fractionnement d’apports azotés sont possibles selon la quantité d’azote absorbé à la sortie de l’hiver :

  • Quantité d’NABSORBE faible (sortie hiver) = Dose d’NAPPORTE > 170 kg N/ha, stratégie en trois apports préconisés.

  • Quantité d’NABSORBE moyenne (sortie hiver) = 100 kg N/ha < Dose d’NAPPORTE < 170 kg N/ha, stratégie en deux apports préconisés.

  • Quantité d’NABSORBE élevé (sortie hiver) = Dose d’NAPPORTE < 100 kg N/ha, stratégie en un ou deux apports préconisés.

  • Dans les situations de gros colza à l’entrée de l’hiver et de forte défoliation pendant l’hiver, la dose d’azote à apporter ne doit pas être nécessairement très élevée. Un apport précoce de 40-50kg d’N/ha à la reprise de la végétation est suffisant pour permettre à la culture de redémarrer sa croissance.

 

Concernant l’apport en soufre, il est préconisé de le réaliser à la fin de la montaison, lorsque les entre-nœuds sont visibles, de 75 à 100 kg/ha SO pour les sols superficiels ou filtrants, et de 50 à 75 kg/ha SO pour les sols profonds. Il faut savoir que l’apport soufre vient conditionner la dose d’azote à apporter ; l’ajustement total, en fonction des besoins de la plante, est réalisé sur le dernier apport (en fonction de la stratégie appliquée).

5.2  Apport en P, K, MG et oligo-éléments

Comme il a été précisé pour l’azote, l’apport précoce au semi permet de renforcer le système racinaire du colza. Incorporer un apport en phosphore, potassium et magnésium au même moment permet de faciliter l’absorption en déplaçant les éléments peu mobiles dans une zone mieux explorée par les racines et plus souvent humide. Sinon, l’apport en sortie d’hiver, à la reprise de la végétation, est un moment adéquat aux besoins de la plante pour réaliser un apport fertilisant.

Concernant les oligo-éléments (bore et molybdène), le colza en a besoin. Il est préconisé d’apporter du bore au sol avant le semi, ou par voie foliaire au printemps. Le molybdène, quant à lui, peut être apporté par voie foliaire au printemps.

 

 

Sources Bibliographiques

Colza - Les espèces cultivées - Cultures & utilisation - Terres Univia.
Colza - Terres Inovia - Oléagineux, protéagineux et chanvre.
Colza : maladies - Terres Inovia - Oléagineux, protéagineux et chanvre. 
Colza : maladies - Terres Inovia - Oléagineux, protéagineux et chanvre. 
Colza : Origine et physiologie. 
Fertilisation du colza | Yara International. 2018. In Yara France 
Galle, J.-P. 2018. Sclerotinia du colza : Symptômes nuisibilité et traitement - BASF 
Limaces : de redoutables ravageurs : Bayer-Agri. 
Fertilisation-edu : xian. Colza 

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