Comment choisir ses engrais de fond ?

La fertilisation de fond ne cesse de diminuer depuis 25 ans, entraînant un appauvrissement des sols. Les agriculteurs doivent être vigilants et recourir aux analyses de terre pour ne pas passer à côté d’une source potentielle de quintaux supplémentaires.

Pourquoi la fertilisation de fond doit-elle être maîtrisée ?

Les engrais de fond, qui se libèrent dans le sol de façon progressive, compensent l’appauvrissement du sol par les cultures. On a tendance à donner la priorité à l’azote pour gagner des quintaux, oubliant le phosphore, le potassium et le magnésium, également essentiels pour la plante et dont le manque est un facteur limitant du rendement des cultures car empêchant souvent de bien valoriser l’azote. Alors qu’aucun déficit n’est observé dans les régions où l’élevage est une source importante d’éléments fertilisants, d’autres régions voient leurs teneurs en phosphore et en potassium diminuer : les apports ne compensent plus les exportations par les récoltes. Sur le long terme, des carences apparaîtront et pourront engendrer des pertes de rendement. Des études ont montré que dans les sols moyennement pourvus, les pertes de rendements en céréales sont de 2 à 5 q/ha soit 30 à 80 €/ha (prix du blé à 160€ la tonne). Dans les sols peu pourvus, les pertes de rendement sont supérieures à 10 q/ha soit plus de 160€/ha.

Quels sont les critères de choix des engrais de fond ?

La stratégie de nutrition phosphatée et potassique dépend du degré d’exigence des cultures, des disponibilités du sol en P, K et Mg fournies par une analyse de terre, du passé de fertilisation et de la restitution ou non des résidus du précédent. Une calculette développée par l’UNIFA permet d’optimiser la fertilisation P, K et Mg.

La composition de l’engrais de fond est le premier critère de choix. Les éléments associés – chlore, souffre, azote, magnésium, calcium – sont à prendre en compte dans le raisonnement de la fertilisation, par rapport à la sensibilité des cultures et au type de sol. Concernant le potassium, les engrais – sulfate, nitrate ou chlorure – ont la même efficacité. Pour le phosphore, il est préférable d’utiliser des superphosphates ou phosphates bicalciques qui sont repérables par les mentions « soluble dans l’eau » ou « soluble dans le citrate d’ammonium neutre ». Les apports de scories sont à réserver aux sols acides. Les phosphates naturels, très peu solubles, sont déconseillés. Concernant le magnésium, l’utilisation de la forme sulfate est possible dans tous les types de sols. On peut coupler l’apport de magnésie au chaulage – avec un carbonate magnésien par exemple – en situation acide.

La qualité de l’engrais est essentielle pour assurer une bonne répartition lors de l’épandage. Le diamètre des granulés doit être très voisin de 3 mm avec un étalement granulométrique le plus resserré possible et une densité supérieure à 0,85 et homogène.

Quelques chiffres

Divisées par 4 en 40 ansLes quantités de phosphore et de potassium dans les engrais minéraux apportés

2 à 5 q/ha soit 30 à 80 €/haEn sol à teneur moyenne, les pertes de rendements en céréales

Testimonial client

« Parce qu’elles gênaient l’implantation de la culture suivante, j’exportait en permanence les pailles. Leur vente m’apportait un revenu supplémentaire, mais j’oubliais que mes sols s’appauvrissaient. Aujourd’hui j’exporte une paille sur trois et je compense les exportations par des apports de potasse et de phosphore respectivement de l’ordre de 7 kg de P2O5 et 60 kg de K2O. L’analyse de terre m’indique que des apports tous les 3 à 4 ans suffisent car mes sols sont bien pourvus. J’ai opté pour du chlorure de potassium sous forme granulée, afin d’avoir une meilleure répartition de l’engrais sur la parcelle. Le phosphore est quant à lui apporté en super 25 + 22 SO3, le soufre profite aux colzas qui suivent les blés »

Benjamin R. (02)

Les préconisations de Margaux

Les engrais minéraux de fond offrent un large choix de formules. Nous proposons ainsi des engrais « simples » n’apportant qu’un seul élément et des engrais composés contenant deux ou plusieurs éléments dans une formule qui peut varier en fonction des besoins locaux reconnus. Il est essentiel de choisir l’engrais en fonction de l’exigence de la plante, du type de sol. Les engrais que nous proposons ont une qualité physique reconnue et permettent une largeur de travail de 24 à 32 mètres. La date d’apport sera à adapter en fonction de la richesse des sols. En sol pauvre, l’apport doit être réalisé au plus près du semis, car c’est aux stades les plus précoces que les carences sont les plus préjudiciables au rendement. Un apport peut même être réalisé au stade début tallage pour les céréales.

Laissez votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *