Comment bien réussir le semis de la féverole d’hiver ?

La culture de la féverole s’est bien développée pour atteindre aujourd’hui environ 75000 hectares en France. Comme le pois de printemps, la féverole amène une rupture dans les rotations céréalières et à dominante de cultures d’hiver. Cette légumineuse se distingue par la taille importante des graines qui sont 40 à 60 fois plus grosses que celles du blé. La gestion du semis est donc essentielle.

Pourquoi le semis est-il une étape délicate ?

Les intérêts de la féverole au sein d’un système de culture sont nombreux : cette fabacée apporte de l’azote au sol grâce aux nodosités présentes sur les racines et elle améliore la structure du sol. Du fait de son pouvoir étouffant elle nécessite peu d’herbicides et laisse peu d’adventices derrière elle. Tous ces éléments en font un excellent précédent notamment pour le blé. Elle est résistance à l’Aphanomyces contrairement à d’autres légumineuses, et laisse derrière elle une quantité importante de matière organique facilement décomposable. Les pollinisateurs en sont friands, elle constitue un atout pour la biodiversité sur la ferme.

Si l’itinéraire technique de la féverole est beaucoup plus « light » que celui d’un pois (avec une économie de 3 à 4 passages de pulvérisateur) le semis ne doit pas être négligé. Le développement des racines dans un sol sain permettra un bon fonctionnement des nodosités et donc une réalisation du potentiel de la plante.

Quels sont les facteurs à prendre en compte pour un semis optimal ?

Avant toute chose, il faudra éviter de semer la féverole d’hiver dans la moitié Est de la France où le risque de gel est trop important. Le semis s’étendra du 20 octobre au Nord au 31 janvier dans le Sud Ouest. Les plantes doivent être levées avant les fortes gelées mais en cas de semis trop précoce, un développement trop important de la plante entraînerait une floraison avant la fin des dernières gelées. Un semis profond, de 7 à 10 cm, diminue les risques de gel.

Le choix de la parcelle est essentiel : la féverole s’adapte bien aux sols lourds et argileux mais il faut éviter les sols hydromorphes… ou à faible réserve hydrique, la plante étant sensible à la sécheresse. Le pH doit être compris entre 6,3 et 6,8 pour le fonctionnement optimal des nodosités. Ces dernières garantissent une nutrition azotée optimale ; un sol tassé peut impacter le fonctionnement des nodosités et diminuer rendement et teneur en protéines des féveroles. La parcelle doit être relativement propre et surtout sans adventices vivaces car il n’existe pas de solution de rattrapage sur féverole.

Le lit de semence peut être grossier étant donné la taille de la graine.

La densité de semis de la féverole d’hiver, qui a une forte capacité de tallage, est plus faible que sa cadette semée au printemps : de 20 à 30 grains/m2 en fonction du type de sol. Ainsi, pour un PMG de 525 grammes, on sèmera 105 kg/ha en sol limoneux et 160 kg/ha en sol argileux ou caillouteux. Il est inutile de semer trop dense car cela favorisera la verse (développement trop important des plantes en hauteur avec une tige plus fragile) et la propagation des maladies… avec un prix des graines qui doit faire réfléchir !

Comment choisir le matériel de semis ?

Le plus important est de semer lentement afin de préserver les graines, ne pas boucher les tuyaux, favoriser la pénétration des éléments semeurs dans le sol et ainsi assurer une levée homogène. Il est possible d’utiliser une déchaumeuse à socs ou à disques combinée à un semoir pour préparer le lit de semence et semer profondément. Le semoir à céréales est le plus utilisé pour semer avec un écartement de 17 à 35 cm, en adaptant la distribution aux grosses graines. Sur un semoir classique, il faudra effectuer les réglages nécessaires à un semis profond ; le semoir monograine permet une précision de la profondeur de semis, il faudra cependant gérer les adventices si l’écartement est important (45-50 cm) avec un binage par exemple.

Quelques chiffres

20 Unité d’azote apporté par la féverole pour la culture qui suit

450 à 650 Etendues en gramme du PMG des variétés de féverole les plus connues. Jusqu’à 700 pour les semences fermières, attention à adapter les doses de semis !

Testimonial client

« Les féveroles suivent généralement un maïs grain sur mon exploitation de polyculture élevage, et permettent d’améliorer la fertilité des sols et l’autonomie protéique de mon élevage. Je sème à 8 cm de profondeur après un travail du sol simple, par le passage d’une bêche roulante, quand les sols n’ont pas été abîmés. Je roule sitôt la graine en terre car mes sols sont caillouteux et les pierres peuvent gêner à la récolte. Avec l’expérience j’ai compris que la vitesse d’avancement du semoir ne doit pas dépasser 8 à 10 km/h.»

Eric F. 22

Les préconisations de Margaux

Les variétés Irena, Axel et Organdi, moyennement résistantes au gel, sont adaptées à l’Ouest et au Sud Ouest. Axel est la variété la plus récente proposée par Agriconomie.

Les conditions climatiques des dernières années étaient très aléatoires lors des semis de féverole d’hiver, avec des périodes parfois très pluvieuses. L’adaptation est donc la règle, quitte à remettre le semis au printemps – le rendement sera plus faible qu’une variété de printemps – mais on évitera de perdre la récolte.

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