Fiche  : Les engrais azotés

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L’azote est un élément nutritif promoteur de la croissance des plantes. Cet élément entre dans la composition des protéines qui font fonctionner la photosynthèse : il y a un kilo d’azote dans six kilos de protéines. L’absorption d‘azote entraine successivement à la fois l’accroissement de la surface foliaire, l’augmentation de la teneur en chlorophylle dans les feuilles et de la biomasse produite, et le transfert de l’azote sous forme de protéines dans les grains.

  • La transformation des formes d’azote dans le sol

L’action des microorganismes permet la transformation des différentes formes de l’azote vers la forme nitrique. Cette transformation s’effectue plus ou moins rapidement selon la température du sol, son humidité et son aération.

  • un processus complexe et météo-dépendant entraine la minéralisation d’une partie de l’azote organique en azote ammoniacal
  • Les enzymes uréases transforment l’azote uréique en azote ammoniacal très rapidement dès lors que la température du sol dépasse 10°C
  • Ensuite, l’azote ammoniacal est utilisé par les plantes. Il est transformé en azote nitrique par l’intermédiaire de bactéries. Pour que cette transformation ait lieu, le pH du milieu doit être neutre, le sol doit être aéré et humide et la température supérieure à 15°C.
  • Enfin, l’azote nitrique (nitrate) se trouve à l’état dissous dans l’eau du sol et est prélevé par les plantes.

 

Pour limiter la volatilisation d’ammoniac, il est recommandé de privilégier la forme nitrique aux formes uréique ou ammoniacale. De plus, avant le semi, il est conseillé d’enfouir et d’apporter en couverture en période de forte croissance. Concernant les conditions d’apports, il vaut mieux éviter les fortes températures et le vent et d’épandre pendant ou avant un épisode pluvieux.

Il est également utile de savoir que l’ajout d’un inhibiteur d’uréase est un moyen de limiter la perte d’ammoniac. Il bloque l’hydrolyse de l’urée pendant 1 à 2 semaines.

 

Pour réduire la perte de nitrate, il faut éviter les apports trop précoces qui pourraient être suivis d’une période pluvieuse. Il est donc conseillé de fractionner les apports. Après récolte en été, il est possible d’implanter un couvert intermédiaire ou une nouvelle culture qui servira à piéger le nitrate produit par l’activité biologique du sol.

 

  • Réduire les pertes dans l’air et dans l’eau

Avant que l’azote nitrique et ammoniacal prélevé par les plantes ne soient absorbé par les racines, une partie disparait selon différents processus :

  • il peut être consommé par les microorganismes du sol, il pourra donc être minéralisé par la suite
  • un phénomène de volatilisation peut se produire si l’azote reste à la surface du sol sans être incorporé
  • en cas d’excès d’eau ou de lessivage, l’azote peut être entrainé par lixiviation
  • l’azote nitrique peut être consommé par des bactéries, c’est la dénitrification

 

Pour réduire ces pertes, il faut veiller à :

  • la juste quantité : établir un calcul prévisionnel de l’azote à apporter à chaque culture
  • le juste moment : bien choisir et fractionner les dates successives d’apport
  • le juste placement : incorporer l’engrais azoté dans le sol
  • le juste choix de la forme d’azote adaptée aux conditions d’apport

 

  • L’innovation dans les engrais à libération progressive et contrôlée

Les engrais à libération progressive et contrôlée limitent l’augmentation trop rapide des concentrations en azote uréique, ammoniacal ou nitrique dans le sol mais surtout le risque de perte d’azote. Il offre une alternative au fractionnement en plusieurs apports :

  • L’azote de synthèse organique doit être minéralisé en ammonium et en nitrate avant d’être absorbé. Il est peu utilisé en grande culture car couteux.
  • Les retardateurs de nitrification sont associés à des engrais contenant une part d’azote ammoniacal. Ils limitent les risques de dénitrification et de lixiviation de l’azote nitrique avec un effet sur six à huit semaines.
  • Les engrais enrobés libèrent progressivement l’azote à travers la coque du granulé. Ils limitent les risques de volatilisation et de lixiviation avec un effet allant de quelques semaines à quelques mois.

 

  • Augmenter l’efficacité de l’azote

Le sol, les couverts végétaux et la fertilisation peuvent aussi augmenter l’efficacité des engrais azotés.
La correction de l’acidité du sol pour amener le pH en 6,5 et 7,0 améliore l’activité biologique du sol et stimule la minéralisation de l’azote organique et la nitrification.

L’implantation de culture intermédiaires (légumineuses notamment) en mélange libère 8 à 15 kg d’azote minéral disponible pour la culture suivante.

Raisonner l’apport d’autres éléments nutritifs tels que le phosphore, le potassium et le magnésium sur la base de l’analyse de terre assure l’efficacité optimal de l’azote.

Le soufre peut être apporté. Comme l’azote, il entre dans la composition des protéines.

  • Nouvelles références

En Europe, pour produire les engrais azotés, on utilise du gaz naturel. L’utilisation d’engrais azotés peut être évaluée en termes d’énergie consommée par kg d’azote produit et de gaz à effet de serre en équivalent CO2. Les gaz à effet de serre émis sont calculés selon une analyse de cycle de vie et comprennent les émissions liées à la production de la matière première à l’usine jusqu’à l’épandage dans le champ.

Il faut savoir que depuis 1990, la production européenne a réduit de 60% les émissions de gaz à effet de serre dans ses usines.

Pour finir, l’azote permet aux cultures de mieux capter l’énergie lumineuse et de fixer le CO2 de l’air, donc de mieux utiliser la photosynthèse. En d’autres termes, l’azote augmente l’énergie et le carbone fixé par une culture.